Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au point mort pour parvenir à un accord mettant fin à la guerre déclenchée fin février, qui a fait des milliers de morts et conduit au blocage du détroit d'Ormuz, crucial pour l'économie mondiale.
Voici les principaux points de contentieux:
L'Iran tient le détroit d'Ormuz
En représailles à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février, l'Iran a quasi totalement bloqué le détroit, par lequel transitent une partie du pétrole, du gaz et des engrais mondiaux, ébranlant ainsi l'économie globale.
L'Iran y a aussi posé des mines, et affirme vouloir faire payer des droits de passage, une option rejetée par Washington et l'agence maritime de l'Onu (Omi).
Téhéran avait annoncé le 17 avril la réouverture de cette voie maritime aux navires commerciaux, avant de se rétracter en raison du maintien du blocus américain des ports iraniens.
Selon des médias américains, l'Iran a ensuite proposé d'alléger la pression sur le détroit si Washington levait son blocus pour relancer des négociations. Mais il semble peu probable que Donald Trump accepte cette proposition.
Blocage américain des ports iraniens
Le président américain a ordonné le blocus des ports iraniens après l'échec d'une première session de pourparlers irano-américains à Islamabad, tenue après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril.
Pour Téhéran, il s'agit d'un «acte de guerre», qui viole l'accord de trêve.
L'économie iranienne souffre de ce blocus et la monnaie nationale iranienne, le rial, est tombée à son plus bas face au dollar depuis l'avènement de la République islamique en 1979.
Donald Trump a évoqué la possibilité d'un blocus contre l'Iran se prolongeant «pendant plusieurs mois» lors d'une réunion mardi avec des dirigeants du secteur pétrolier, a indiqué mercredi un haut responsable de la Maison Blanche.
D'après le Wall Street Journal, la marine américaine a pour ordre de poursuivre sa stratégie d'étouffement des principales exportations pétrolières jusqu'à ce que Téhéran cède aux exigences de Washington.
Donald Trump est toutefois soumis à des pressions intérieures pour trouver une porte de sortie, face à la hausse du prix à la pompe. D'autant qu'en vue des élections de mi-mandat, prévues en novembre, les sondages indiquent que la guerre est impopulaire auprès des Américains.
Le programme nucléaire iranien
Au début de la guerre, Donald Trump a accusé l'Iran de «tenter de reconstruire son programme nucléaire», après les frappes israélo-américaines qui l'avaient visé en juin 2025. «Ils ont rejeté toutes les occasions de renoncer à leurs ambitions nucléaires. Et nous ne pouvons plus le supporter», avait-il déclaré lors d'un allocution fin février.
Mais l'Iran nie chercher à se doter de la bombe atomique et défend son droit au nucléaire civil notamment pour l'énergie.
Désormais Téhéran propose de renvoyer à plus tard les discussions sur le nucléaire, pour centrer dans l'immédiat les pourparlers sur le détroit d'Ormuz.
Donald Trump de son côté réclame que l'Iran lui cède son stock d'uranium hautement enrichi, et en fait un objectif clé, après avoir retiré en 2018 les États-Unis de l'accord international de 2015 sur le programme nucléaire iranien et rétabli des sanctions écrasantes pour l'économie du pays.
Le président américain a réaffirmé mardi que les États-Unis ne «laisseraient jamais cet adversaire (l'Iran) se doter de l'arme nucléaire», ajoutant que la République islamique avait été «militairement vaincue».
Les responsables iraniens assurent eux que la République islamique reste stable et puissante.
Lors d'une visite en Russie lundi, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé Washington d'être responsable de l'échec des négociations de paix en raison d'«exigences excessives».
AFP



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