Plus de 759.000 déplacés internes au Liban. Tel est le nombre de personnes recensées qui, à l’heure actuelle, ont été contraintes de fuir leurs villages et habitations, depuis la reprise de la guerre dans le pays, le 2 mars dernier. Selon les dernières données de l’Unité de gestion des catastrophes rattachée au gouvernement libanais, 759.300 personnes se sont enregistrées comme déplacées internes, un chiffre qui illustre l’ampleur de l’exode provoqué par l’intensification des frappes israéliennes et les ordres d’évacuation visant plusieurs régions libanaises.
Parmi ces déplacés, plus de 122.000 sont actuellement hébergés dans des centres d’accueil officiels supervisés par les autorités, installés principalement dans des écoles, des installations sportives ou d’autres bâtiments publics réquisitionnés en urgence. La grande majorité de ces personnes se trouve toutefois hors de ces structures, logée chez des proches, dans des appartements loués à la hâte ou dans des abris improvisés.
De l’ampleur du phénomène
Cette nouvelle vague de déplacements a commencé au lendemain du 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé des missiles vers Israël, entraînant une riposte de l’État hébreu marquée par des frappes intensives sur plusieurs régions du Liban.
Depuis, les bombardements continuent de viser essentiellement le Liban-Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, tandis que l’armée israélienne multiplie les avertissements et les ordres d’évacuation adressés aux habitants de certaines zones. Ces annonces, diffusées notamment sur les réseaux sociaux et par téléphone, ont accéléré le départ de milliers de familles.
Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), près de 700.000 personnes ont été contraintes de fuir leur domicile, parmi lesquelles environ 200.000 enfants et adolescents, vivant désormais dans des conditions particulièrement précaires. L’organisation souligne que cette crise représente l’une des plus importantes vagues de déplacements internes qu’ait connues le Liban depuis des décennies.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
L’ampleur de cet exode met à rude épreuve les capacités d’accueil d’un pays déjà fragilisé par une crise économique profonde, depuis 2019. À Beyrouth, plusieurs installations publiques ont été transformées en centres d’hébergement d’urgence, dont la Cité sportive Camille-Chamoun, où des centaines de familles vivent désormais sous des tentes.
Dans la capitale, mais aussi dans certaines villes du nord du pays, l’arrivée massive de déplacés exerce une pression croissante sur les logements et les infrastructures. Dans certains cas, des familles ayant fui la banlieue sud de Beyrouth ont même trouvé refuge dans des espaces publics ou sur des places de la capitale.
À Saïda, la cellule de gestion des risques de catastrophes et des crises de la municipalité a publié, mardi, un premier bilan de la situation dans les centres d’hébergement de la ville.
Selon ces données couvrant la période du 2 au 10 mars 2026, 24 centres d’accueil ont été ouverts dans la ville, où 12.148 déplacés sont actuellement hébergés. La municipalité indique que ces centres disposent encore d’un excédent de capacité d’environ 25,9 %, ce qui permet pour l’instant d’absorber l’arrivée de nouvelles familles.
Les besoins humanitaires restent toutefois importants. D’après la municipalité, la couverture des équipements de couchage n’atteint que 57,16 %, tandis que les fournitures destinées aux nourrissons, notamment le lait et les couches, couvrent environ 49,45 % des besoins. La situation est encore plus critique pour les produits d’hygiène, dont la couverture est estimée à 19,81 % seulement.
La cellule municipale indique poursuivre l’évaluation des besoins dans les centres d’accueil et prévoit de publier prochainement de nouvelles données concernant l’approvisionnement en nourriture, médicaments et autres aides essentielles.
Par ailleurs et selon le ministère libanais de la Santé, les frappes israéliennes ont fait au moins 486 morts et plus de 1.300 blessés depuis le début de l’escalade. Les autorités et les organisations humanitaires redoutent désormais que le nombre de déplacés continue d’augmenter, alors que les bombardements et les ordres d’évacuation se poursuivent dans plusieurs régions du pays.



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