La banlieue sud de Beyrouth a été, dans la nuit de jeudi à vendredi, la cible de raids aériens israéliens massifs, provoquant des incendies et des dégâts matériels importants. Aucun bilan sur d’éventuelles victimes n’était disponible dans l’immédiat.
L’armée israélienne avait appelé plus tôt jeudi, dans un avertissement sans précédent, les habitants de toute la banlieue sud de Beyrouth à évacuer leurs domiciles en prévision des bombardements, provoquant une fuite massive de la population de ce bastion du Hezbollah.
«Message urgent aux habitants: sauvez vos vies et évacuez immédiatement vos domiciles», a déclaré sur X un porte-parole arabophone de l’armée israélienne, en communiquant des itinéraires pour se déplacer vers le nord et l’est.
Cet appel à évacuation pour l’ensemble de la banlieue sud, où vivent des centaines de milliers de personnes, est inédit.
D’immenses embouteillages se sont immédiatement formés dans la zone, tandis que les vols de drones et de chasseurs israéliens étaient entendus dans toute la capitale.
Dans la soirée, l’armée israélienne a mis ses menaces à exécution en menant des raids aériens violents, 11 au total, sur différents quartiers de la banlieue sud de Beyrouth. Le son des explosions était entendu dans toute la capitale. Des frappes ont aussi visé la Békaa et le sud du Liban.
Le Liban a été entraîné lundi dans la guerre après une première attaque contre Israël du Hezbolah, qui affirmait vouloir «venger» la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.
Le ministère de la Santé recense 123 morts et 683 blessés depuis, et quelque 90.000 autres ont été déplacées, selon les autorités, par la campagne de frappes israéliennes.
Israël, dont l'armée a pénétré dans plusieurs localités du sud du Liban, a en outre renouvelé jeudi son appel à évacuer une vaste zone située entre la frontière et le fleuve Litani, à une trentaine de km plus au nord.
Ces appels, lancés aux populations d'une vaste partie du sud du Liban qui couvre environ 8% du territoire, «sont fortement susceptibles de violer les lois de la guerre», a estimé l'ONG Human Rights Watch (HRW).
Malgré la tourmente régionale, l'aéroport continue de fonctionner mais seule la compagnie nationale, Middle East Airlines, continue d'assurer des vols.
L'aéroport était resté ouvert lors de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël, d'octobre 2023 à novembre 2024.
Le Hezbollah a revendiqué jeudi plusieurs nouvelles attaques contre le nord d'Israël, et appelé en hébreu les habitants du nord à évacuer les zones situées jusqu’à 5 kilomètres de la frontière libanaise.
Le Hezbollah a rapporté mercredi pour la première fois des affrontements «directs» avec des soldats israéliens entrés dans le village de Khiam, à 6 kilomètres de la frontière avec Israël.
Israël a annoncé mardi que ses soldats prenaient le contrôle de «nouvelles positions» dans le sud du pays, dans le but d'y créer une «zone tampon».
Les responsables libanais ont été informés qu'«Israël comptait prendre le contrôle d'une zone entre 10 et 15 km» de profondeur, a indiqué une source diplomatique à l'AFP à Beyrouth.



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