Mort de Mohammad Pakpour: un pilier militaire du régime iranien
©ATTA KENARE / AFP

Mohammad Pakpour, né en 1961 à Arak, en Iran, était un haut responsable militaire qui a dirigé le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) jusqu’à sa mort, annoncée samedi soir par l’armée israélienne.

Titulaire d’un doctorat en géographie politique, Pakpour s’était engagé très jeune au sein du CGRI au lendemain de la révolution islamique de 1979, un moment où cette organisation paramilitaire prenait forme comme pilier de la nouvelle République islamique. Il fit campagne dès cette époque, notamment contre des mouvements séparatistes dans le Kurdistan iranien, avant de combattre pendant la longue guerre Iran-Irak dans les années 1980, ce qui lui valut une réputation de combattant aguerri.

Très présent dans les structures de commandement, il a dirigé pendant de nombreuses années les forces terrestres du CGRI, devenant l’un des principaux artisans de la stratégie militaire du corps. En juin 2025, après l’assassinat de son prédécesseur, Hossein Salami, dans une attaque israélienne, Pakpour fut nommé commandant en chef des Gardiens de la révolution, la branche la plus puissante de l’appareil de sécurité iranien, directement responsable de la défense du régime et de ses opérations militaires tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Sous sa direction, le CGRI a continué d’affirmer son rôle central dans l’appareil politique et sécuritaire de l’Iran, avec une influence considérable sur la politique régionale, notamment en Syrie et en Irak, ainsi que sur la stratégie de dissuasion face aux États-Unis et à Israël. Mohammad Pakpour a également supervisé les opérations de sécurité intérieure, ce qui lui a valu d’être sous le coup de sanctions internationales de plusieurs pays, y compris les États-Unis et l’Union européenne, pour son rôle dans des actions qui ont été critiquées comme répressives.

Pour les Iraniens opposés au régime, sa mort est perçue comme la fin d’un acteur clé de la répression et de l’appareil militarisé qui a maintenu la domination du pouvoir en place.

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