Le Hezbollah n'interviendra pas militairement en cas de frappes américaines «limitées» contre l'Iran, mais considérera toute atteinte contre le guide suprême, Ali Khamenei, comme une «ligne rouge», a indiqué mercredi à l'AFP un responsable de la formation pro-iranienne.
Les autorités libanaises redoutent une intervention du Hezbollah, qui possède toujours des missiles, en cas d'implication d'Israël dans une guerre régionale contre l'Iran.
«En cas de frappes américaines limitées contre l'Iran, la position du Hezbollah sera de ne pas intervenir militairement», a indiqué le responsable, qui a requis l'anonymat en raison du caractère sensible de l'information.
Mais si l'objectif de Washington «est de provoquer la chute du pouvoir iranien ou de viser le guide suprême, le Hezbollah interviendra alors», a-t-il ajouté.
Le responsable a souligné que toute atteinte à l'ayatollah Khamenei serait «une ligne rouge».
D'après lui, en cas d'offensive contre le pouvoir iranien, Israël «mènera forcément une guerre contre le Liban», alors que la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël a pris fin en novembre 2024.
Le président Donald Trump a ordonné un déploiement militaire massif dans la région et menace de frapper l'Iran si les pourparlers actuels échouent.
Le Liban a dit craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles.
«Ce que les Libanais redoutent, c'est une chaîne de réactions: une frappe américaine contre l'Iran, une riposte du Hezbollah contre Israël, puis une réponse israélienne massive» contre le Liban, avait indiqué mardi un responsable libanais sous le couvert de l'anonymat.
Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, répète que sa formation est en «position défensive» mais a affirmé qu'elle s'estimerait «visée» par toute attaque américaine contre l'Iran.
Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, le Hezbollah n'était pas intervenu.
Au cours de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël, entre octobre 2023 et novembre 2024, la formation pro-iranienne qui possède des missiles balistiques et de longue portée avait visé Israël en profondeur.
Le Hezbollah est sorti affaibli de cette guerre avec Israël, qui continue de le frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer.
Huit membres de la formation, dont un responsable militaire, avaient été tués vendredi dans une frappe sur l'est du Liban.
Le responsable de l'organisation préalablement cité a souligné que le Hezbollah s'abstenait de répondre à ces frappes, mais que cette position avait «des limites».
«Les agressions israéliennes ne peuvent pas se poursuivre indéfiniment sans réponse, a-t-il affirmé.
AFP



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