Téhéran met en garde contre toute «frappe limitée» américaine
Face aux menaces évoquées par Donald Trump, l’Iran a affirmé qu’il réagirait à toute frappe militaire contre son territoire comme à un acte d’agression. ©Ici Beyrouth

L’Iran a averti lundi qu’il considérerait toute attaque contre son territoire, y compris des frappes limitées, comme un «acte d’agression», après des propos du président américain Donald Trump laissant entendre cette option dans un contexte de pression militaire accrue de Washington.

«Concernant la première question relative à une frappe limitée, il n’y a pas de frappe limitée. Un acte d’agression sera considéré comme un acte d’agression. Point final», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, lors d’une conférence de presse à Téhéran à laquelle assistait l’AFP.

Le responsable iranien réagissait à des déclarations de Donald Trump, qui a affirmé vendredi «envisager» une frappe limitée contre l’Iran si aucun accord n’était rapidement conclu entre les deux pays.

Pas d’«accord intérimaire», selon Téhéran

Au cours de son point de presse hebdomadaire, Baghaï a également démenti les rumeurs évoquant un éventuel «accord intérimaire» entre Téhéran et Washington.

«Il existe de nombreuses spéculations concernant la manière et le contenu des négociations, mais nous n’en confirmons aucune. Les détails suggérant un accord intérimaire n’ont aucun fondement», a-t-il affirmé, selon l’agence iranienne ISNA.

Il a précisé que la rédaction de tout texte de négociation relevait d’un «effort conjoint», soulignant que la position iranienne sur la levée des sanctions américaines et sur le dossier nucléaire est «claire», tout comme celle de la partie américaine.

«Nous sommes actuellement au stade de la formulation des points de vue et nous espérons tenir un nouveau cycle de discussions dans les deux ou trois prochains jours, comme l’a annoncé le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi», a-t-il ajouté, évoquant la possibilité d’une avancée en cas de «bonne foi» des deux côtés.

Réponse aux déclarations américaines

Interrogé sur des propos attribués à Steve Witkoff, qui aurait laissé entendre que l’Iran n’était qu’à une semaine de disposer de l’arme nucléaire et évoqué une forme de reddition, Baghaï a dénoncé des «positions contradictoire ».

«Ce n’est pas la première fois que nous sommes confrontés à des points de vue contradictoires. Je laisse le jugement aux sages du peuple iranien», a-t-il déclaré.

Le porte-parole a insisté sur le fait qu’aucune négociation visant à «contraindre une partie» ne saurait aboutir, «du moins pas dans le cas de l’Iran». Il a réaffirmé la détermination de Téhéran à poursuivre la voie diplomatique, estimant que les positions iraniennes reposent sur une légitimité «logique, juridique et internationale».

Incertitude sur une visite à Mascate

Enfin, concernant des informations faisant état d’une visite mardi à Mascate du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Baghaï a indiqué ne disposer d’«aucune information» à ce stade et vouloir en vérifier l’exactitude.

 

Avec AFP

 

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