Le Conseil d’État est l’instance compétente pour statuer sur la légalité du décret ministériel portant sur la taxation de l’essence, a rappelé le ministre libanais de la Justice, Adel Nassar.
Dans une interview accordée à la chaîne Al-Mashhad de Dubaï, le ministre a également abordé le dossier du monopole des armes par l’État, soulignant que cette question «a été tranchée par un décret du Conseil des ministres». Selon lui, le contrôle des armes par l’État est un prérequis essentiel pour bâtir un Liban capable de faire face aux agressions israéliennes et aux risques régionaux.
Nassar a insisté sur le fait qu’un État «complet et pleinement structuré» est le seul capable de protéger le pays et qu’«aucune partie au Liban ne souhaite actuellement exposer la population ou le territoire à des risques liés à des conflits extérieurs».
Réagissant aux critiques formulées par le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, concernant le plan de monopole des armes, il a précisé qu’«aucun acteur sérieux n’envisage un affrontement militaire avec l’extérieur ni une confrontation avec l’armée libanaise», ajoutant que s’opposer à l’armée serait « emprunter un chemin suicidaire». Il a insisté : «Aujourd’hui, le peuple libanais doit être la priorité, ce qui signifie éviter toute nouvelle guerre et ne pas entraîner le Liban dans le conflit américano-iranien».
Le ministre a regretté que le Hezbollah n’ait pas davantage collaboré avec l’armée libanaise, estimant que ce manque de coopération ralentit la construction de l’État. Il a aussi rappelé que le prochain sommet de Paris renforcera les capacités de l’armée et lui fournira des outils supplémentaires.
Sur le plan des relations libano-syriennes, Nassar a nié tout retard dans le dossier des prisonniers entre Beyrouth et Damas, précisant que l’accord permet aux détenus de purger leur peine dans leur pays et que les négociations se sont déroulées «dans un esprit de coopération et de respect mutuel», sans recours à la pression. Il a également évoqué les fugitifs et les personnes disparues, affirmant que le Liban a demandé des informations sur les assassinats survenus depuis 2005 et que Damas a fait preuve de compréhension.
Du point de vue judiciaire, le ministre a rappelé que le fonctionnement de la justice libanaise avait été perturbé par la guerre et la pandémie de Covid-19. Il a assuré que les nominations récentes sont totalement indépendantes de la politique et que le corps judiciaire a retrouvé son efficacité grâce à la tenue régulière des sessions.



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