Pour la première fois en France, le musée du Luxembourg consacre une grande exposition à l’œuvre de Leonora Carrington, peintre britannico-mexicaine longtemps méconnue dans l’Hexagone. Plus de 120 de ses œuvres, mêlant surréalisme, ésotérisme et récits autobiographiques, offrent un panorama de sa carrière protéiforme, marquée par la migration, la sororité, la maternité et la remise en question des normes sociales. Installée au Mexique après avoir fui la guerre en Europe, l’artiste, proche des cercles surréalistes et ancienne compagne de Max Ernst, y est aujourd’hui célébrée au même titre que Frida Kahlo. L’exposition est à découvrir jusqu’au 19 juillet.
L'œuvre de la Britannico-Mexicaine Leonora Carrington, peintre longtemps méconnue en France et considérée comme «aussi connue que Frida Kahlo au Mexique», est au cœur d'une grande exposition au musée du Luxembourg à Paris à partir de mercredi.
L'exposition, qui se tient jusqu'au 19 juillet, est la première en France à être entièrement consacrée à l'artiste.
Née en Angleterre en 1917, et ayant vécu en France et en Espagne, Leonora Carrington a fui la guerre en Europe dans les années 1940, s'installant au Mexique où elle vivra jusqu'à sa mort en 2011.
Dans ce pays, «elle est aussi connue que Frida Kahlo, elle est vraiment une star», explique à l'AFP Carlos Martin, l'un des deux commissaires de l'exposition, lors d'une présentation à la presse.
Parmi les thèmes phares de son œuvre se trouvent «la sororité, la maladie mentale, les formes de spiritualité hors les normes, la migration, la maternité», énumère l'historien de l'art.
Un temps en couple avec le surréaliste Max Ernst, Leonora Carrington a évolué parmi les grands noms de ce courant et en était l'une des dernières représentantes.
Outre des allégories animalières, elle-même en cheval ou en hyène, sa grand-mère en oie, Max Ernst en oiseau, la peintre fait la place belle à l'ésotérisme, invoquant des arcanes de tarot, des «Sœurs de la Lune» ou des sorcières, qu'elle dépeint d'un «point de vue positif».
On retrouve dans son œuvre des rappels de son itinérance migratoire. Dans Artes 110 (1994), Leonora Carrington se représente en Belle au bois dormant, volant entre deux bouts de terre flottants représentant l'Europe et le Mexique.
L'artiste, également romancière, a beaucoup traité de sa santé mentale à l'écrit. Ainsi le tableau Le Médecin espagnol (1940) peint par son ex-compagnon Max Ernst évoque des traumatismes qu'elle a subis dans un hôpital psychiatrique en Espagne, et qu'elle raconte dans le livre En bas.
Très prolifique, la production de Leonora Carrington est éparpillée dans le monde. «Elle n'est pas très représentée dans les musées» et il est «très difficile d'établir un catalogue raisonné», confie Carlos Martin.
«Une exposition sert aussi à établir un canon de l'artiste», affirme-t-il.
Le rassemblement de 126 de ses œuvres à Paris montre l'intérêt croissant pour son travail: «Je crois que le monde actuel est plus à même de la comprendre, plus ouvert, que le monde de son temps», estime M. Martin.
Avec AFP



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