Le Rijksmuseum d’Amsterdam consacre une grande exposition aux Métamorphoses d’Ovide, réunissant plus de 80 œuvres venues de 50 musées. Du Caravage à René Magritte, peintures et sculptures revisitent les figures mythologiques de l’œuvre du poète latin, du mythique Hermaphrodite à la Méduse, symbole réinterprété à travers les siècles. L’exposition, fruit d’une collaboration avec la galerie Borghèse de Rome, est à découvrir jusqu’au 25 mai 2026 avant de s’installer en Italie.
Le Rijksmuseum d’Amsterdam va dévoiler vendredi une exposition sur le thème des Métamorphoses d’Ovide, source intarissable d'inspiration artistique depuis plus de 2000 ans, qui n’avait pourtant jamais eu d’exposition d'une telle ampleur lui étant dédiée.
Fruit d'une collaboration avec la galerie Borghèse de Rome, l'exposition compte plus de 80 œuvres d'art provenant de 50 musées, représentant les personnages des mythologies grecques et romaines qui figurent dans l'œuvre du poète latin.
«Tous ceux à qui nous avons parlé de notre projet d'exposition sur les Métamorphoses ont immédiatement été enthousiastes, car c'est un thème qui inspire les artistes depuis des siècles et qui n'a jamais vraiment fait l'objet d'une exposition», a déclaré à l'AFP Taco Dibbits, directeur du Rijksmuseum.
Au cœur de l'exposition, qui comprend des œuvres allant du Caravage à René Magritte, figure une sculpture en marbre du Bernin prêtée par le musée du Louvre, représentant l'Hermaphrodite endormi.
Dans ce mythe, tel que raconté par Ovide, la nymphe Salmacis s'éprend du jeune homme Hermaphrodite, et implore les dieux de s'unir à lui pour toujours. Son vœu est exaucé et leurs corps ne forment plus qu'un, à la fois homme et femme.
«C'est en soi une idée très moderne, avec la fluidité des genres, mais en même temps, elle est très ancienne, ce qui la rend d'autant plus pertinente», a expliqué à l'AFP un conservateur au Rijksmuseum, spécialiste de la sculpture.
Même si M. Scholten entend que le texte d'Ovide n'est pas réputé pour son accessibilité, il y a selon lui une raison pour laquelle ce poème a continué d'inspirer pendant plus de 2000 ans.
«Chacun aujourd'hui a une certaine expérience des métamorphoses, donc le thème est universel, on le retrouve dans les jeux, dans l'art moderne, on le retrouve partout», a-t-il ajouté.
C'est le cas du personnage de la Méduse, représentée dans l'exposition par plusieurs œuvres datant du 16ᵉ au 21ᵉ siècle.
Longtemps présentée comme un symbole maléfique, le personnage de Méduse, violée par le dieu Poséidon et dont les yeux ont le pouvoir de pétrifier quiconque croise son regard, a été repris ces dernières décennies comme symbole féministe.
«Voilà pourquoi nous avons voulu montrer différentes formes de Méduse, pour montrer que chaque génération se réapproprie les motifs d'Ovide», a conclu M. Scholten.
Les visiteurs pourront aller à la rencontre de ces personnages mythologiques entre dieux, humains et animaux, jusqu'au 25 mai 2026, après quoi l'exposition déménagera à la galerie Borghèse de Rome.
Avec AFP



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