Colossale centrale au gaz, diamants synthétiques, terminal pétrolier… Le président américain Donald Trump a annoncé mardi les premiers projets dans le cadre de l'accord entre Washington et Tokyo prévoyant 550 milliards de dollars d'investissements nippons aux États-Unis.
En contrepartie d'un abaissement des surtaxes douanières américaines, le Japon s'était engagé en juillet dernier à investir ce montant d'ici 2029. Depuis, la mise en œuvre fait l'objet de divergences.
«Je suis heureux d'annoncer trois FORMIDABLES projets dans les secteurs stratégiques du pétrole et du gaz au Texas, la production d'énergie dans l'Ohio et les minéraux critiques en Géorgie», a écrit le président américain dans un message sur son réseau Truth Social.
Sur son compte X, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a précisé que ces projets représentaient «un engagement de 36 milliards de dollars dans notre économie».
Cette annonce intervient avant le déplacement prévu mi-mars par la Première ministre nippone Sanae Takaichi à la Maison Blanche, en réponse à la visite de Donald Trump au Japon en octobre dernier.
Ces projets «renforceront l'alliance nippo-américaine en permettant au Japon et aux États-Unis de construire conjointement des chaînes d'approvisionnement résilientes dans des secteurs stratégiques pour la sécurité économique», a-t-elle réagi mercredi sur X.
«Nous sommes convaincus que ces initiatives incarnent pleinement (…) la promotion d'avantages mutuels, le renforcement de la sécurité économique et la stimulation de la croissance économique», a-t-elle ajouté.
Électricité pour l'IA
«L'ampleur de ces projets est tellement importante que cela n'aurait pas pu être réalisé sans des mots très particuliers, DROITS DE DOUANE», a insisté Donald Trump.
Pour Howard Lutnick, il s'agit d'une «victoire massive de l'America First» (l'Amérique d'abord) en politique commerciale.
Premier projet, la centrale électrique au gaz naturel dans l'Ohio sera la «plus grande de l'histoire», avec une capacité de 9,2 gigawatts, a affirmé M. Lutnick.
L'investissement est estimé à 33 milliards de dollars, et l'opérateur en sera une filiale de SoftBank, champion japonais des investissements technologiques, selon un mémo du ministère américain du Commerce.
L'installation alimentera en électricité les centres de données dédiés à l'intelligence artificielle, a précisé Sanae Takaichi.
À pleine capacité, sa puissance serait équivalente à celle de neuf réacteurs nucléaires, soit la consommation électrique d'environ 7,4 millions de foyers, selon Bloomberg News.
Deuxième projet, un terminal pétrolier en eau profonde au Texas, d'un coût de 2,1 milliards de dollars, qui devrait permettre – à pleine capacité – l'exportation de «20 à 30 milliards de dollars de pétrole brut».
«Actifs stratégiques»
Troisième projet, une usine de fabrication de diamant synthétique – composant crucial pour l'industrie de pointe et dont la Chine domine l'approvisionnement – pour 600 millions de dollars dans l'État de Géorgie, avec à la manœuvre une filiale du sud-africain De Beers.
«Ce site permettra de produire localement 100% de la demande américaine en granulés de diamant synthétique (…) Nous ne dépendrons plus des approvisionnements étrangers», s'est félicité M. Lutnick.
Tokyo et Washington avaient conclu en juillet un accord commercial prévoyant une limitation à 15% des droits de douane américains sur les produits japonais importés en échange de ces 550 milliards de dollars d'investissements nippons.
Selon le Japon, seuls 1 à 2% seront des investissements directs, le reste étant constitué de prêts ou de garanties de prêts apportées par un autre organisme public pour soutenir des financements privés.
Le protocole d'accord prévoit que Washington garde la main sur la destination des investissements: les projets proposés sont examinés par un comité nippo-américain, avant d'être sélectionnés et approuvés par Donald Trump.
Tokyo doit garantir les financements nécessaires dans les 45 jours.
Selon le protocole, Japonais et Américains se partageront à égalité les gains générés par chacun des projets jusqu'au remboursement des investissements nippons. Ensuite, 90% des bénéfices resteront aux États-Unis.
«Le Japon apporte le capital. Les infrastructures sont construites aux États-Unis. Les recettes seront structurées afin de permettre au Japon un retour sur investissement et aux États-Unis de détenir des actifs stratégiques», a vanté M. Lutnick.
«Nous continuerons à travailler en étroite collaboration afin (…) de garantir leur mise en œuvre rapide et sans heurts», a assuré de son côté Mme Takaichi.
AFP



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