Les négociateurs russes, ukrainiens et américains se retrouvent à Genève mardi pour une nouvelle session de pourparlers destinée à trouver une issue à quatre ans de combats en Ukraine, visée pendant la nuit par de nouvelles frappes russes.
Lors de cette attaque massive, l'armée russe a tiré 396 drones et 29 missiles, dont respectivement 367 et 25 ont été abattus, selon l'armée de l'air ukrainienne. Selon le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, des infrastructures «énergétiques» étaient ciblées.
«Il s'agissait d'une frappe combinée, délibérément calculée pour causer autant de dégâts que possible à notre secteur énergétique», a dénoncé le président Volodymyr Zelensky, évoquant le «mépris de la Russie pour les efforts de paix».
Selon lui, 12 régions ont été visées dans cette attaque qui a fait neuf blessés et laissé «des dizaines de milliers de personnes» sans eau ni chauffage à Odessa, grand port dans le sud de l'Ukraine.
Pour faire pression sur Kiev, sur fond de négociations sous médiation américaine, la Russie multiplie depuis des semaines les frappes dévastatrices sur les infrastructures ukrainiennes, provoquant des coupures d'électricité, d'eau et de chauffage en plein hiver.
Le ministère russe de la Défense a affirmé de son côté avoir intercepté plus de 150 drones ukrainiens au cours de la nuit, visant essentiellement la région de la mer Noire, la Crimée et la mer d'Azov.
Ces attaques ont eu lieu alors que des responsables russes et ukrainiens se trouvent à Genève pour de nouvelles discussions sur la fin de la guerre, après deux sessions sans grandes avancées diplomatiques aux Emirats arabes unis les semaines précédentes.
-«Venir à la table»
Les parties travaillent sur la base du plan américain dévoilé il y a plusieurs mois, qui prévoit notamment des concessions territoriales de la part de l'Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales.
Les négociations bloquent toutefois sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l'est de l'Ukraine : Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu'elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.
Donald Trump, à l'origine des tractations, fait pression pour obtenir un dénouement diplomatique du conflit déclenché par l'invasion russe de l'Ukraine, en février 2022.
«L'Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement», a répété lundi soir le président américain, après avoir appelé la semaine dernière son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à «se bouger», assurant que la Russie voulait «conclure un accord».
Interrogé lundi sur ces nouveaux pourparlers, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a quant à lui prévenu que «les questions» restant à régler étaient «vastes» et que «personne ne se risquera à prédire» l'issue des discussions à Genève.
M. Riabkov a réitéré la volonté de Moscou d'obtenir non pas une simple pause dans les hostilités mais un accord «durable».
Volodymyr Zelensky a de son côté mis en doute à de multiples reprises la volonté du Kremlin de négocier, tout en disant espérer des discussions «sérieuses et substantielles». Il a reproché aux Américains de «revenir trop souvent sur la question des concessions» demandées à Kiev.
Territoires
Samedi, en marge de la Conférence sur la Sécurité de Munich, M. Zelensky a de nouveau écarté la possibilité de céder des territoires à la Russie, qui occupe mi-février 19,5% de l'Ukraine.
«Nous ne pouvons pas simplement nous retirer de notre territoire ou échanger une partie de notre territoire contre une autre. C'est un peu fou, je suis désolé», a-t-il dit.
Contrairement aux négociations d'Abou Dhabi, la délégation russe à Genève est menée par l'historien nationaliste et ex-ministre de la Culture Vladimir Medinski, signe que le volet politique, et non plus seulement militaire, sera abordé.
«Cette fois-ci, nous prévoyons d'aborder un éventail plus large de questions, en nous concentrant sur les points clés liés aux territoires et aux autres revendications», a confirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
L'équipe ukrainienne est emmenée, comme pour les réunions précédentes, par l'ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov, tandis que la Maison Blanche devait envoyer, comme auparavant, l'émissaire spécial Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.
Comme pendant les discussions d'Abou Dhabi et de précédents pourparlers en Turquie en 2025, les alliés européens de l'Ukraine sont tenus à l'écart.
AFP



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