La réalisatrice française Alice Winocour livre avec Coutures, qui sort en salles ce mercredi en France, un récit inspiré de sa propre expérience du cancer du sein, porté par Angelina Jolie, elle-même confrontée à la maladie dans sa vie personnelle. Le film suit Maxine (Jolie), réalisatrice américaine, qui apprend sa maladie lors d’un tournage à Paris et croise d’autres femmes confrontées à des épreuves intimes, dans un univers inédit pour Winocour: la haute couture. Entre récit personnel et portrait réaliste de l’industrie de la mode, le long-métrage mêle intimité et enjeux collectifs, incarnés par un trio de femmes de générations différentes et des interprètes internationaux comme Anyier Anei, Ella Rumpf, Louis Garrel et Vincent Lindon.
En racontant l'histoire d'une cinéaste qui apprend son cancer du sein pendant un tournage, la réalisatrice française Alice Winocour livre un récit inspiré de sa propre expérience, avec pour le servir la superstar Angelina Jolie, elle-même touchée dans sa chair.
«J'avais besoin de quelqu'un qui ait une implication aussi importante que moi, c'est pour qui le film ne serait pas qu'un film», a confié Alice Winocour, réalisatrice de Coutures, qui sort mercredi en France, lors d'une rencontre avec l'AFP.
Angelina Jolie, 50 ans, a subi deux chirurgies prophylactiques: une double mastectomie (ablation des deux seins) et une ovariectomie (ablation des ovaires), destinées à réduire drastiquement ses risques de développer un cancer.
L'actrice a perdu sa grand-mère et sa mère, Marcheline Bertrand, à l'âge de 56 ans à cause de cette maladie.
Pour le rôle, Angelina Jolie a appris le français et accepté de se mettre à nu, en tournant notamment une scène de sexe, ce qu'elle n'avait pas fait depuis très longtemps, a salué Alice Winocour pour souligner l'implication de l'actrice américaine dans le projet.
Récit personnel
Le film raconte l'histoire de Maxine (Angelina Jolie), réalisatrice américaine de films d'horreur, invitée à Paris pendant la semaine de la mode par une grande maison de couture pour tourner un clip devant accompagner un défilé.
Plongée dans un monde qui lui est étranger et secouée par l'annonce de la maladie, elle va croiser le destin d'autres femmes elles aussi confrontées à des épreuves intimes.
Angèle (Ella Rumpf), maquilleuse, aspire à devenir écrivaine tandis qu'Ada (Anyier Anei), mannequin sud-soudanaise de 18 ans, débarque tout juste à Paris pour son premier défilé.
«Je voulais raconter un film qui parle du corps féminin, de la fragilité de la vie, et faire une ronde de femmes, raconter quelque chose de collectif», explique Alice Winocour.
Trois femmes pour trois âges de la vie, de la vingtaine à la quarantaine, en passant par la trentaine. «Tous ces personnages sont une partie de moi», affirme-t-elle.
Pour cette histoire très personnelle, elle a décidé de plonger son récit dans un univers qui lui est étranger, celui de la mode.
«Plus les histoires sont intimes, plus j'ai besoin de les éloigner», avance-t-elle. La cinéaste habite un quartier qui se transforme à chaque fashion week parisienne, accueillant des mannequins du monde entier.
Réalisme
«Je voyais des filles qui cherchaient leur chemin, qui semblaient complètement perdues dans la ville», à l'image du personnage d'Ada, incarné par la mannequin sud-soudanaise Anyier Anei.
«Ce personnage, je n'avais pas l'impression de l'avoir vu représenté au cinéma», complète Alice Winocour. L'histoire d'Ada est quasiment identique à celle d'Anyier Anei.
Repérée au Kenya où elle fait des études de pharmacie, elle est assaillie de propositions de contrats, mais elle les décline toutes, n'ayant aucune intention de devenir mannequin.
«Je me suis rendue compte que c'était une opportunité de carrière et que si je la saisissais, je pouvais changer ma vie et celle de ma famille, donc j'ai fini par dire oui», raconte la mannequin d'aujourd'hui âgée de 24 ans, qui a dû cacher son choix à son père.
Le film, dans lequel jouent également les Français Louis Garrel et Vincent Lindon, montre les beaux appartements haussmanniens de Paris remplis de filles venant des quatre coins du monde, très jeunes et isolées, offrant leur corps à l'industrie de la mode pour faire vivre leur famille en leur envoyant de l'argent.
C'est «un portrait très réel de ce qu'est l'industrie de la mode», assure Anyier Anei qui a beaucoup discuté avec Alice Winocour pour nourrir son récit afin de le rendre le plus réaliste possible.
Par Antoine GUY / AFP



Commentaires