Berlinale: les cinéastes libres de s’exprimer à leur manière, rappelle Tricia Tuttle
L’actrice allemande Sandra Hüller et la directrice de la Berlinale, Tricia Tuttle, discutent ensemble sur le tapis rouge avant la première du film «Rose», présenté en compétition lors de la 76ᵉ édition de la Berlinale, le premier grand festival de cinéma européen de l’année, à Berlin, le 15 février 2026. ©Ralf HIRSCHBERGER / AFP

La Berlinale a réaffirmé samedi que les cinéastes invités ne sont pas obligés de prendre position sur chaque question politique. Cette déclaration intervient après les propos du président du jury, le réalisateur allemand Wim Wenders, qui appelait à «rester en dehors de la politique», et après le retrait de la romancière indienne Arundhati Roy, initialement attendue pour présenter une version restaurée d’un de ses films. La direction du festival souligne que les artistes s’expriment avant tout à travers leur œuvre, et que leur liberté d’expression doit primer sur les injonctions médiatiques.

La direction du festival du film de Berlin a souhaité apporter des précisions afin de clore la polémique sur les cinéastes qui refuseraient d'exprimer des opinions politiques, qui a marqué les premiers jours de l'événement.

Les artistes «sont libres d'exercer leur droit à la liberté d'expression de la manière dont ils le décident», a insisté la directrice du festival Tricia Tuttle dans un communiqué envoyé tard samedi soir à la presse.

Il ne faut pas attendre d'eux «qu'ils s'expriment sur chaque sujet politique qu'on leur soumet, à moins qu'ils en aient envie», a poursuivi Tricia Tuttle.

Le début de la Berlinale a été marqué par une polémique après les propos du président du jury, le réalisateur allemand Wim Wenders, appelant à «rester en dehors de la politique».

D'après lui, les cinéastes doivent «faire le travail des gens, pas celui des politiciens», dont le cinéma doit être un contre-poids. Le réalisateur de 80 ans réagissait à une question sur le fait que la Berlinale n'avait pas clairement pris position pour condamner les actions d'Israël à Gaza.

«Nous ne pensons pas qu'il y ait un seul cinéaste sélectionné dans ce festival qui soit indifférent à ce qui se passe dans le monde, qui ne prenne pas au sérieux les droits, les vies et l'immense souffrance des personnes à Gaza et en Cisjordanie, en République démocratique du Congo, au Soudan, en Iran, en Ukraine, à Minneapolis, et dans un nombre terrifiant d'endroits», a déclaré Tricia Tuttle.

«Les réalisateurs s'expriment constamment. Ils s'expriment à travers leur travail. Ils parlent de leur travail. Ils parlent, parfois, de géopolitique en lien ou non avec leurs films», a complété la directrice dont c'est la deuxième édition à ce poste.

«Dans un environnement médiatique dominé par les crises, il ne reste plus beaucoup d'oxygène pour une véritable conversation autour du cinéma ou de la culture, à moins qu'elle ne puisse aussi s'intégrer à l'actualité», dit-elle observer.

D'après elle, les artistes invités à la Berlinale «sont réduits à quelque chose que nous ne reconnaissons pas toujours dans les discours relayés en ligne et dans les médias».

La déclaration de Wim Wenders a suscité la controverse, provoquant le retrait du festival de la romancière indienne Arundhati Roy. Elle devait présenter une version restaurée d'un film qu'elle a écrit en 1989, In Which Annie Gives It Those Ones.

Avec AFP

 

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