À 29 ans, Harris Dickinson s’impose comme l’une des figures montantes du cinéma britannique. Révélé par Sans filtre de Ruben Östlund, l’acteur enchaîne les rôles prestigieux, de Babygirl aux plateaux du biopic monumental de Sam Mendes sur les Beatles, où il incarne John Lennon. Parallèlement, il signe sa première réalisation, Urchin, présenté à Cannes 2025 et dont la sortie en France est prévue ce mercredi, explorant les dérives de l’addiction et de l’exclusion sociale. Entre tournages exigeants et projets personnels, il reste ancré à Londres.
Il a été l'amant de Nicole Kidman dans Babygirl, incarnera John Lennon à l'écran, et Urchin, sa première réalisation, sort en France mercredi: à 29 ans, le très convoité Harris Dickinson tente de garder les pieds sur terre.
Dans ce tumulte, Londres, sa ville de naissance, l'aide à conserver la tête froide. «J'ai l'impression que Londres me garde ancré», confie-t-il dans un entretien à l'AFP. «J'ai mes proches, ma famille, ma petite communauté là-bas».
La «hype» qui l'entoure ne cesse pourtant de s'amplifier depuis sa révélation comme top model désorienté et amoral dans Sans filtre de Ruben Östlund, Palme d'or à Cannes en 2022.
En 2024, Babygirl en a fait un jeune stagiaire pris dans une relation torride avec une PDG campée par Nicole Kidman, et le réalisateur oscarisé Sam Mendes l'a choisi pour incarner John Lennon dans un biopic monumental sur les Beatles, qui sera découpé en quatre films pour autant de garçons dans le vent.
Le tournage est en cours et l'agenda de Dickinson très chargé. «Je me lève à 4h45 tous les jours et je rentre chez moi à 20h00», explique-t-il, ravi de travailler avec Sam Mendes (American Beauty...) qu'il voit comme un «réalisateur grand format».
Gueule d'ange, carrure d'athlète et regard triste, Harris Dickinson est également régulièrement cité parmi ceux qui pourraient reprendre le rôle de James Bond, laissé en friche par Daniel Craig depuis Mourir peut attendre en 2021.
«Obscurité»
En plus de ses caméos d'acteur, le Britannique a pris le temps de signer sa première réalisation, Urchin, qui a eu les honneurs de la sélection cannoise au printemps 2025. La projection sur la Croisette, dans la catégorie Un certain regard, lui a causé des nausées en raison du stress.
Dickinson y filme les errements d'un sans-abri après sa sortie de prison, dont les écarts et les abus de psychotropes finissent par épuiser ses proches.
«C’est très courant, même pour des personnes avec une bonne structure familiale ou des amis, d'arriver à un point où plus personne ne veut les aider», explique le jeune cinéaste.
Le combat contre les comportements autodestructeurs ne lui est pas étranger, lui qui a vu les ravages de l'alcool dans sa famille et qui évolue dans une industrie du divertissement notoirement sujette aux addictions.
«Au final, la sécurité n'est garantie pour personne. Il faut un certain travail pour rester sur la bonne voie, surtout si l'on a des tendances addictives ou destructrices», assure-t-il.
Pour ses prochains rôles, Harris Dickinson veut sonder encore davantage la part sombre de l'humanité, lui qui se dit «intéressé par tout ce qui est apocalyptique, dystopique, ou film de survie».
«Je m'intéresse à l’idée de ce qui se passe quand la société s’effondre, ce qui se passe quand il ne nous reste rien ou qu'on est dépouillé de tout», affirme-t-il, même s'il prend soin de ne pas trop plonger dans les tourments réels de notre époque.
«Il m'arrive de traverser des périodes où je me coupe un peu de l’actualité parce que je peux devenir obsessionnel», relate-t-il. «Je ne pense pas que nos cerveaux et nos organismes soient conçus pour être aussi connectés à l’injustice, à la tragédie et à l’obscurité».
Adam PLOWRIGHT / AFP



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