De Wim Wenders à Michelle Yeoh: ce qu’il faut attendre de la Berlinale 2026
L’Ours de la Berlinale est visible sur la façade du Palais de la Berlinale, le principal lieu du festival, alors que les préparatifs de la Berlinale, le Festival international du film de Berlin, sont en cours, le 6 février 2026. ©Ralf HIRSCHBERGER / AFP

La 76e Berlinale s’ouvre du 12 au 22 février à Berlin avec près de 200 films issus de plus de 80 pays. Fidèle à sa tradition politique, le festival met en avant le cinéma européen, valorise la place des réalisatrices et explore des récits où l’intimité des personnages se heurte aux bouleversements du monde. Le réalisateur allemand Wim Wenders présidera le jury chargé de décerner l’Ours d’or, tandis que l’actrice Michelle Yeoh sera récompensée par un Ours d’or d’honneur.

Promotion du cinéma européen, large place donnée aux réalisatrices et zoom sur l'intimité bouleversée par les tourments du monde: la 76édition du festival international de Berlin s'ouvre jeudi avec une sélection de films provenant de plus de 80 pays.

La figure du nouveau cinéma allemand Wim Wenders présidera le jury pour décerner l'Ours d'or, dans un festival à la tradition très politique. Voici cinq choses à savoir sur la Berlinale 2026 qui se tiendra du 12 au 22 février.

Berlin, reflet du monde

Près de 200 films seront projetés pendant les dix jours du festival, dont 22 en compétition officielle pour succéder à Rêves du Norvégien Dag Johan Haugerud, couronné de l'Ours d'or en 2025.

Une grande diversité d'auteurs est programmée, avec un principe: «refléter où en est le cinéma international à l'heure actuelle», a insisté la directrice de la Berlinale Tricia Tuttle lors d'un entretien à l'AFP.

Certains thèmes émergent malgré tout, constate celle dont c'est la deuxième édition à la tête du festival: «la famille et l'intimité sous pression (...). Nombre de films examinent comment nos vies privées sont façonnées par de plus vastes forces politiques et sociales».

Le festival doit aussi remettre un Ours d'or d'honneur à l'actrice malaisienne Michelle Yeoh, oscarisée en 2023 pour son rôle dans Everything Everywhere All at Once.

Réalisatrices en force

Les réalisatrices occupent une large place au festival de Berlin. Cette année, comme l'année dernière, une légère majorité de films réalisés par des femmes ont été sélectionnés.

Et en compétition officielle, neuf des 22 films sélectionnés sont dans ce cas, soit plus qu'à Cannes ou Venise.

«Une chose encourageante, c'est le nombre de deuxièmes ou troisièmes films très solides réalisés par des femmes», salue Tricia Tuttle.

Le film d'ouverture No Good Men, de la cinéaste afghane Shahrbanoo Sadat, est lui-même un troisième long-métrage.

«Il s'agit de l'expérience des femmes afghanes, qu'on ne verrait pas sans le travail de Shahrbanoo», explique Tricia Tuttle. La réalisatrice a fui son pays lors de la prise de Kaboul par les Talibans en 2021 et vit désormais à Hambourg.

Défection du cinéma américain

À l'inverse de Cannes et Venise, dont les films sont plébiscités aux Oscars, Berlin peine à séduire les grosses productions américaines et les castings glamour qui les accompagnent.

Pour Tricia Tuttle, attirer les grands cinéastes américains devient de plus en plus compliqué.

«Les plus grandes œuvres de cinéma d'auteur de l'année, ces films à la croisée du cinéma commercial et de l'art et essai (Une bataille après l'autre, Sinners, Marty Supreme), ne sont pas sortis en festival», observe-t-elle.

Producteurs et distributeurs préfèrent désormais contrôler tous les aspects de la sortie de ces films, dont les budgets dépassent allègrement les 100 millions de dollars.

«Les festivals peuvent être des lieux animés, bruyants, où vous risquez de ne pas obtenir l'impact escompté», sans oublier le risque d'être descendu par la critique, ce qui peut avoir un impact dévastateur pour un film, avance la directrice de la Berlinale.

L'ère des co-productions

Cette année à la Berlinale, de nombreux films sélectionnés sont des co-productions européennes, dont les financements proviennent de plusieurs pays.

Alors que l'industrie se fracture, Tricia Tuttle voit «une opportunité pour l'Europe et les producteurs européens de travailler ensemble».

Valeur sentimentale de Joachim Trier, nommé pour neuf Oscars, a par exemple été co-produit par la Norvège, le Danemark, la France et l'Allemagne.

«C'est un film fait par plusieurs pays en termes de financement, mais c'est vraiment le travail d'un seul auteur», insiste Tricia Tuttle, qui y voit un modèle pour l'avenir du cinéma continental.

Plateformes (quasi) absentes

Les plateformes de streaming restent marginales au festival de Berlin, contrairement à Venise où trois films produits par Netflix étaient en compétition officielle.

«La projection en salle a une vraie valeur, non seulement parce qu'elle peut rapporter de l'argent, (…) mais aussi parce qu'en tant que fans de cinéma, pour nous c'est la meilleure manière de regarder un film», affirme Tricia Tuttle.

Un seul film Netflix est sélectionné dans une section parallèle, un documentaire mexicain sur une femme s'inventant une grossesse pour échapper à la pression familiale d'avoir un enfant.

Avec AFP

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