« Ta santé entre tes mains » : à Minieh, le sport remet la jeunesse en mouvement
Initiation au muay thaï lors de la journée multisports : les élèves découvrent les gestes de base et les appuis sur le tatami. ©©Lebanese Young Talents

Dans le cadre du programme SohTak Bi Idak (« Ta santé entre tes mains »), lancé en septembre dernier, l’Ambassade de France au Liban et l’association Lebanese Young Talents ont organisé, à Minieh, la deuxième étape d’un projet national qui joue la prévention comme un match à gagner : bouger, respirer, reprendre confiance, et se reconnecter aux autres par le sport.

Il y avait comme un parfum de « rentrée sportive » dans l’air : un site transformé en terrain multisports, des groupes qui tournent comme une équipe bien huilée, des coachs au sifflet, et des élèves qui passent de station en station avec la curiosité d’un débutant… et l’énergie d’un titulaire. À Minieh, au Complexe éducatif Al-Arz, la deuxième phase du programme « Ta santé entre tes mains » a déroulé une journée entière d’ateliers et d’initiations, avec une idée simple mais puissante : la santé des jeunes se travaille aussi en mouvement, et le mental se construit souvent… par le corps.
Un grand rassemblement, une même consigne
Plus de 350 élèves, filles et garçons, venus de huit écoles du Nord, ont répondu présent. Au menu, des ateliers interactifs sur l’impact du sport sur la santé mentale et physique, des moments d’échange, et surtout un vrai parcours d’initiation pensé comme une rencontre à plusieurs mi-temps : tu essayes, tu rates, tu ajustes, tu progresses. Sans pression de résultat, mais avec une intensité positive : celle qui donne envie de revenir.
Huit fédérations, huit portes d’entrée vers la confiance
Le plateau avait fière allure : huit fédérations sportives libanaises mobilisées, dans des disciplines variées — escrime, taekwondo, muay thaï, pentathlon moderne (laser), athlétisme, tir à l’arc, tennis, judo. L’idée n’était pas de « faire un show », mais de transmettre les bases : règles, gestes, repères, sécurité, et premières sensations. Dans chaque atelier, le sport devenait un langage : apprendre à se concentrer, gérer l’effort, respecter l’adversaire, encaisser un échec, rebondir. Bref, tout ce qu’on appelle l’école du terrain. Un vrai circuit d’initiation, avec rotations, consignes et coaching, comme une séance grandeur nature.
Coup d’envoi officiel et discours de vestiaire
L’ouverture a rassemblé la directrice du Complexe éducatif Al-Arz, Joyce Bitar, la présidente de Lebanese Young Talents, Zeina Mina, le secrétaire général de l’association, Georges Assaf, ainsi que des représentants des fédérations, des responsables d’écoles et l’ensemble des participants. Après l’hymne national libanais puis l’hymne français, Joyce Bitar a salué un projet qui traite le sport comme un style de vie, et rappelé que les portes du complexe restent ouvertes aux sportifs.
Georges Assaf a, lui, mis l’accent sur la vocation de Lebanese Young Talents : repérer les jeunes talents, les accompagner et les aider à se structurer pour viser plus haut, au Liban comme à l’international. Il a surtout remercié Ambassade de France au Liban et l’Institut, qui lui ont permis, « à travers le sport », de toucher toutes les régions du Liban sans exception — comme une tournée nationale qui quadrille le terrain du Nord au Sud. Une manière de dire que ce programme ne se limite pas à une journée : il s’inscrit dans une trajectoire.

Un « championnat » en huit étapes
SohTak Bi Idak n’est pas une opération « one shot ». Le projet se déroule en huit étapes sur deux ans, avec des rendez-vous appelés à couvrir toutes les régions du pays. Minieh n’était donc pas une parenthèse, mais une étape dans une course de fond : installer une culture du mouvement, renforcer l’équilibre psychologique, et fabriquer du lien social à l’échelle d’une génération.
À la fin, le plus marquant n’était pas une performance, ni un score. C’était cette impression nette que, pendant quelques heures, la jeunesse a repris la balle au centre. Et qu’avec un encadrement solide et des repères simples, le sport peut redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un espace de santé, de confiance, et d’avenir.
 

 

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