Le chef du Parlement vénézuélien Jorge Rodriguez a annoncé vendredi que la loi d'amnistie générale serait adoptée mardi et a promis aux familles des prisonniers politiques leur libération immédiate.
«Nous avons déjà adopté la loi hier (jeudi), puis mardi il faudra procéder à la deuxième lecture et elle sera approuvée de manière définitive. Une fois cette loi approuvée, le même jour, tout le monde sortira», a déclaré M. Rodriguez.
«Nous allons réparer toutes les erreurs qui ont pu être commises», a poursuivi le frère de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, venu à la rencontre de proches de prisonniers politiques détenus dans une prison à Caracas .
«Au plus tard vendredi, ils seront tous dehors», avait indiqué précédemment Jorge Rodriguez aux familles rassemblées devant la Zone 7, l'un des centres de détention de Caracas, dans une vidéo diffusée sur la chaîne publique VTV.
Jeudi, l'Assemblée nationale vénézuélienne a fait un premier pas vers l'adoption d'une loi d'amnistie générale historique couvrant les 27 ans de pouvoir chaviste, la doctrine du feu président Hugo Chavez, un peu plus d'un mois après la capture de Nicolas Maduro lors d'une opération américaine.
La loi doit permettre la libération de tous les prisonniers politiques ainsi que l'abandon des poursuites à leur encontre.
Approuvé en première lecture, le texte, qui couvre les crimes de «terrorisme», «trahison» ou d'«incitation à la haine», chefs d'accusation fréquemment utilisés pour emprisonner les prisonniers politiques, sera à nouveau débattu mardi à l'Assemblée en vue de son approbation définitive.
«Tenir sa promesse»
Les familles attendant devant la Zone 7 ont entouré M. Rodriguez en réclamant la liberté pour leurs proches emprisonnés.
«Aidez-moi à faire sortir de là le membre de ma famille, s'il vous plaît», a supplié une femme. «Nous allons tous les faire sortir», a-t-il répondu en étreignant une autre femme.
«Je lui ai dit, s'il vous plaît, de le faire pour mes enfants, pour moi, pour tous les prisonniers politiques, parce qu'il y a beaucoup de mères qui souffrent», a déclaré à l'AFP Nancy Plaza, dont le mari est détenu dans la Zone 7.
«Nous avons besoin qu'il soit libéré», a-t-elle ajouté, disant espérer qu'il «tienne sa promesse». Delcy Rodríguez avait annoncé le 8 janvier un processus de libérations, qui a progressé très lentement.
La principale coalition d'opposition du Venezuela a dénoncé vendredi des «omissions graves» dans l'amnistie, après la publication d'un projet de loi plus court et plus général que la version précédente diffusée la veille.
Le texte «exclut de larges groupes de prisonniers politiques civils et militaires, n'abroge pas le cadre juridique répressif en vigueur (...), ne garantit pas le retour sûr des exilés, ne lève pas les incapacités politiques et n'établit pas de mécanismes de réparation pour les victimes», a indiqué la Plateforme unitaire démocratique dans un communiqué.
Depuis début janvier, quelque 350 prisonniers politiques ont été libérés, selon l'ONG Foro Penal, mais près de 600 restent encore incarcérés, selon cette source, et des dizaines de familles continuent à camper devant les prisons en attendant la libération de leurs proches.
L'ancien chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, a salué le processus d'amnistie lors d'une visite à Caracas. «Je suis très satisfait de la loi d'amnistie, c'est une loi ambitieuse», a-t-il déclaré aux journalistes lors d'un forum. «Le Venezuela franchit des étapes (...) rapidement, après de nombreuses années très difficiles», a-t-il souligné.
AFP



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