Répression en Iran: Elnaz Shakerdoust renonce aux tournages et festivals
Elnaz Shakerdoust dénonce « la terre à l’odeur de sang » et refuse tout rôle en Iran après la répression des manifestations. ©Wikimedia Commons

«Mon âme ne peut supporter cette tragédie», écrit Elnaz Shakerdoust. L’actrice iranienne, figure du cinéma local, a annoncé qu’elle ne participerait plus à aucun tournage ni festival dans son pays, en signe de protestation contre la répression meurtrière des manifestations. Son boycott du festival Fajr, principal rendez-vous cinématographique iranien, illustre le malaise grandissant des artistes face à la crise politique et sociale qui frappe l’Iran.

L'actrice iranienne Elnaz Shakerdoust, qui a joué dans des dizaines de films, a affirmé qu'elle ne travaillerait plus dans son pays «à l'odeur de sang», en référence à la répression meurtrière du mouvement de contestation par les autorités.

«Je pleure mes chers (compatriotes morts), comment peut-il y avoir un festival? Je ne prendrai part à aucune célébration et je ne jouerai plus aucun rôle sur cette terre à l'odeur de sang», a écrit l'actrice lundi soir, au moment où s'ouvrait le principal festival annuel de cinéma de Téhéran, Fajr.

Sur sa page Instagram, elle dit préférer boycotter la compétition. «Mon âme ne peut supporter cette tragédie horrible, criminelle et historique», ajoute-t-elle.

Téhéran a écrasé dans le sang début janvier un vaste mouvement de contestation, qui avait éclaté fin décembre.

Les autorités reconnaissent la mort de milliers de personnes mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou des passants tués par des «terroristes» agissant pour le compte des États-Unis et d'Israël.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (Hrana), basée aux États-Unis, estime que plus de 50.000 personnes ont été arrêtées et a pu confirmer 6.854 morts dans la mobilisation, en grande majorité des manifestants.

Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen.

Elnaz Shakerdoust, 41 ans, a joué dans plus de 50 films en deux décennies de carrière, remportant de nombreuses récompenses dans des festivals en Iran.

En 2021, elle avait dénoncé le meurtre d'un jeune homme par sa famille dans le sud-ouest du pays en raison de son homosexualité. La justice iranienne avait alors ordonné le retrait de son message publié sur Instagram, qui avait suscité l'indignation des milieux conservateurs.

Le festival Fajr, qui a attiré dans le passé des réalisateurs internationaux et iraniens reconnus mais qui a perdu en importance à mesure que se renforçait l'isolement de l'Iran sur la scène internationale, se tient malgré la contestation.

Le cinéaste Mehdi Mahmoudian, co-scénariste d'Un simple accident, Palme d'or à Cannes en 2025, a lui été arrêté dimanche.

Avec AFP

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