Des forces paramilitaires soudanaises ont chassé l'armée hors de certaines de ses positions dans l'État du Nil Bleu près de la frontière éthiopienne, selon le groupe et un témoin joint mercredi par l'AFP.
Le contrôle de cet État, dont la pointe sud jouxte l'Éthiopie et le Soudan du Sud, est depuis longtemps disputé entre l'armée et le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), allié aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
Depuis avril 2023, le Soudan est déchiré par une guerre sanglante qui oppose l'armée aux paramilitaires des FSR.
En février 2025, ces derniers ont annoncé une alliance surprise avec le SPLM-N, permettant à ses combattants expérimentés de rejoindre leurs rangs, de sécuriser les zones qu'ils contrôlent et d'ouvrir des accès frontaliers.
Les combattants du SPLM-N «ont libéré la ville stratégique de Deim Mansour ainsi que les zones de Bashir Nougo et Khor al-Boudi», ont-ils indiqué dans un communiqué sur Facebook.
Babakr Khaled, un habitant ayant fui Deim Mansour, a dit à l'AFP que les combattants du SPLM-N avaient commencé à se masser dimanche dans les forêts entourant la ville.
«Les bombardements ont commencé lundi, et les forces sont entrées mardi. Certains habitants ont fui vers l'Éthiopie, d'autres ont rejoint» la ville de Kurmuk, tenue par l'armée, a-t-il raconté.
Depuis son point d'appui dans le sud du Nil Bleu, le SPLM-N maintient des lignes d'approvisionnement en provenance de l'Éthiopie et du Soudan du Sud, s'appuyant sur des liens vieux de plusieurs décennies.
L'État du Nil Bleu abrite le barrage de Roseires, plus grand ouvrage hydraulique du fleuve situé à environ 100 kilomètres de la frontière éthiopienne.
Près de trois ans de guerre ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné 11 millions de personnes à travers le pays et au-delà, provoquant ce que l'ONU qualifie de «pire crise humanitaire au monde.»
La guerre a déchiré le pays en deux: l'armée contrôle le nord, l'est et le centre, tandis que les FSR dominent toute la région du Darfour, soit un tiers du territoire soudanais, et, avec leurs alliés, certaines zones du sud.
La région soudanaise du Kordofan, où le SPLM-N possède un autre bastion dans les montagnes Nouba, est actuellement le théâtre des combats les plus féroces de la guerre.
AFP



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