Terres rares: l'UE en quête d'un accord avec les États-Unis
Des bocaux en verre contenant des terres rares sont photographiés dans la salle de stockage de Tradium, une entreprise spécialisée dans le négoce de terres rares, à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne de l’Ouest, le 4 novembre 2025. ©Kirill Kudryavtsev / AFP

Des responsables européens se rendent aux États-Unis mercredi en espérant trouver un accord avec l'administration Trump sur les terres rares, ces matières premières critiques essentielles à l'industrie.

Le commissaire européen Stéphane Séjourné représentera l'UE dans ces discussions ministérielles organisées par le secrétaire d'État américain Marco Rubio à Washington, avec une série de pays qui veulent réduire leur dépendance à la Chine.

L'Union européenne voudrait notamment se coordonner avec les Américains pour éviter une compétition débridée à l'étranger, par exemple en Australie, riche en ressources.

Avec les États-Unis, «nous devons veiller à ne pas nous faire concurrence pour obtenir les mêmes ressources et, lorsque nous travaillons sur les mêmes projets, à trouver des moyens de nous compléter mutuellement», souligne un responsable de la Commission européenne.

L'exécutif européen espère aussi repartir du bon pied après la crise transatlantique sur le Groenland, ce territoire autonome danois que Donald Trump avait dans le viseur.

Pour les terres rares, l'UE table d'abord sur une déclaration commune avec Washington, avant un accord plus formel.

Pendant la crise du Covid, l'Europe a appris dans la douleur combien sa dépendance aux matières premières critiques importées de Chine pouvait mettre à l'arrêt ses chaînes d'approvisionnement.

Elle s'efforce depuis de trouver des nouveaux partenaires et a déjà scellé des accords avec le Japon, l'Australie ou le Canada.

Les terres rares sont des éléments métalliques essentiels pour des pans entiers de l'économie, en particulier l'industrie automobile, les énergies renouvelables, le numérique ou la défense.

Ils servent à la fabrication d'aimants puissants, de catalyseurs ou de composants électroniques.

La Chine, qui concentre la majorité des réserves mondiales de terres rares, domine non seulement l'extraction des minerais, mais a développé en plus un quasi-monopole sur le raffinage.

Elle exerce une mainmise similaire sur certains métaux stratégiques, comme le gallium utilisé dans les semi-conducteurs.

L'Europe s'était dotée il y a deux ans d'une loi qui visait à sécuriser ses approvisionnements.

L'UE se retrouve prise en étau entre la Chine, qui a multiplié les mesures de restriction à ses exportations de terres rares, et les États-Unis, qui négocient des accords bilatéraux tous azimuts pour sécuriser leurs propres approvisionnements.

AFP

 

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