Le poste-frontière de Rafah, entre la bande de Gaza et l'Égypte, fermé depuis mai 2024, a partiellement rouvert dimanche, le passage des habitants dans les deux sens étant attendu à partir de lundi mais soumis à des conditions très strictes.
La réouverture est prévue par le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien.
Voici quatre choses à savoir sur cet accès stratégique pour acheminer l'aide humanitaire, évacuer les blessés et reconstruire le territoire ravagé par deux ans de guerre.
Un point d'accès crucial
Le passage est situé à l'extrême sud de la bande de Gaza, à la frontière avec l'Égypte, en bordure du désert du Sinaï.
L'accès par l'Égypte est crucial pour les employés humanitaires internationaux et pour les camions transportant de l'aide, des denrées et du carburant.
Rafah a longtemps été l'un des principaux points de sortie des Gazaouis autorisés à quitter cette étroite bande de terre soumise à un blocus israélien depuis 2007.
Il a été de 2005 à 2007 le premier terminal frontalier contrôlé par l'Autorité palestinienne, avant de devenir un des symboles de la souveraineté du Hamas sur la bande de Gaza.
Sous contrôle israélien
Le 7 mai 2024, l'armée israélienne a pris le contrôle du côté palestinien en affirmant que le poste était «utilisé à des fins terroristes». Tous les accès étaient depuis fermés, à l'exception d'une brève réouverture début 2025 pendant une trêve de six semaines.
La réouverture actuelle est accompagnée d'un contrôle très strict: les autorités israéliennes ont indiqué qu'il faudrait «une autorisation sécuritaire préalable» pour sortir de Gaza et y entrer, en coordination avec l'Égypte et sous la supervision de la mission européenne à Rafah.
Les Palestiniens souhaitant retourner à Gaza seront autorisés à emporter un nombre limité de bagages, sans objets métalliques ni électroniques, et avec des quantités limitées de médicaments, selon l'ambassade palestinienne au Caire.
Le poste-frontière est situé dans un secteur encore occupé par l'armée israélienne en deçà de la Ligne jaune, qui marque son retrait d'environ la moitié de la bande de Gaza aux termes de la première phase du plan Trump.
Mission palestino-européenne
Le Cogat, organisme du ministère de la Défense israélien supervisant les affaires civiles dans les Territoires palestiniens occupés, a déclaré dimanche qu'une «phase pilote initiale» avait commencé dimanche «en coordination avec la Mission d'assistance aux frontières de l'Union européenne (EUBAM), l'Égypte et toutes les parties prenantes concernées».
Le passage effectif des habitants dans les deux sens débutera lundi, a-t-il ajouté.
Le côté palestinien du point de passage devrait être administré par l'EUBAM et une délégation de l'Autorité palestinienne.
L'UE avait créé une mission civile en 2005 pour aider à surveiller le passage de Rafah, mais elle avait été suspendue deux ans plus tard après la prise de contrôle de Gaza par le Hamas.
Cette mission, qui comprend des policiers d'Italie, d'Espagne et de France, avait été brièvement réactivée en janvier 2025 puis suspendue en mars.
Circuit humanitaire
L'aide internationale arrive généralement en Égypte par les ports de Port-Saïd ou d'al-Arich, la ville la plus proche de Gaza, où attendent actuellement des centaines de camions d'aide humanitaire.
Une fois franchi le poste de Rafah, les poids lourds sont dirigés vers le passage israélien de Kerem Shalom, à quelques kilomètres, pour y subir des contrôles drastiques. Les produits autorisés à entrer sont déchargés puis rechargés à bord d'autres véhicules autorisés à entrer dans Gaza. Les autres sont renvoyés.
AFP



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