Le 24ᵉ Congrès mondial de la WLCU (World Lebanese Cultural Union) entame ses travaux ce matin dans un grand hôtel de Glendale, à Los Angeles, aux États-Unis. Les représentants, délégués par les conseils mondiaux établis dans plusieurs pays à travers le monde, affluent avec enthousiasme pour assister à cette rencontre, dans un climat serein, convaincus que leur unique objectif est de représenter et de servir leur pays d’origine. Pendant ce temps, au Liban, la situation demeure conflictuelle et les responsables politiques peinent à trouver une issue. Les crises se succèdent et s’accumulent. Un contraste saisissant entre deux assemblées qui ne semblent pas appartenir au même monde, alors que…
En effet, au Liban, le spectacle désopilant des députés défilant, ces derniers jours, à la tribune du Parlement pour le vote du budget 2026 s’est réduit à une simple « attraction insignifiante », relayée par toutes les chaînes et diffusée en direct au Liban et dans les pays de la diaspora.
Certains acteurs apparus sur les écrans, dont les partis politiques siègent dans l’hémicycle depuis la nuit des temps, ne trouvent rien de mieux que de rejeter sur autrui les causes d’une situation financière désastreuse ayant conduit le pays au fond du gouffre.
Comble de culot, et afin d’expier leurs péchés du passé, ils gesticulent, jonglent avec les mots, émettent des chimères, se répètent sans cesse et ne recherchent finalement que des boucs émissaires, faisant preuve, une fois de plus, de leur manque de responsabilité et de compétence : les uns récitant une copie, les autres obéissant à des directives toutes faites en jouant aux orateurs chevronnés. Une grande messe mal préparée qui, à force, plonge le public dans un ennui mêlé de mépris pour des élus refusant d’affronter leur propre réalité, sans même admettre modestement qu’ils sont les premiers responsables du désastre et qu’il est vain d’en chercher les causes ailleurs.
Et dans tout ce spectacle, quasi inutile puisque l’issue est connue d’avance, aucune allusion courageuse n’est faite au Code de la monnaie et du crédit, dont l’article 113 stipule clairement que l’État est tenu de couvrir l’intégralité de la dette envers la Banque du Liban, dégageant ainsi le déposant de toute responsabilité. Quitte, bien entendu, à engager ultérieurement des poursuites et à juger tous ceux et celles qui ont failli à leurs responsabilités. Le cœur même du sujet est lâchement occulté.
Nul n’est profane aujourd’hui, surtout pas nos émigrés, dont une large majorité est représentée par les membres de la conférence de Los Angeles, établis à l’étranger et amèrement informés de ce qui se passe au pays. Comment leur faire oublier, par exemple, la manière ignoble dont a été traitée la loi électorale, toujours dépourvue à ce jour d’un mécanisme précis ? Les expatriés ne savent ni comment ils voteront, ni pour qui ils voteront.
Les nombreuses agressions répétées, depuis 2015, contre le système bancaire et la Banque centrale ont largement contribué à l’effondrement financier. Déstabiliser l’autre institution qu’est l’armée figurait également parmi les objectifs de ces orchestrations manipulées.
Triste spectacle, encore et toujours, que celui des instituteurs et des retraités de l’armée, qui ont donné leur vie au service de la patrie et se retrouvent aujourd’hui démunis, campant devant le Parlement pour défendre leur droit à une vie digne.
À force de refuser de rendre justice à ceux qui souffrent, il ne faudra pas s’étonner de voir vaciller à la fois la sécurité et le système éducatif.



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