Le Parlement irakien a ajourné mardi l’élection du chef de l’État à la demande des deux principaux partis kurdes, qui ont souhaité un délai pour s’entendre sur le nom d’un candidat, a annoncé l’agence de presse officielle Ina.
Conformément au système de partage du pouvoir en vigueur en Irak, le poste de Premier ministre revient à un chiite, la présidence du Parlement à un sunnite, et la présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde.
Selon Ina, le président du Parlement, Haibat al-Halboussi, a reçu des demandes des deux principaux partis kurdes d’Irak, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), visant à repousser le vote afin de leur «accorder plus de temps» pour désigner un candidat.
En vertu d’un accord tacite entre ces deux partis, un membre de l’UPK détient la présidence irakienne, tandis que le président et le Premier ministre régional de la région kurde semi-autonome sont choisis au sein du PDK.
Mais cette fois, le PDK a désigné son propre candidat à la présidence du pays, le ministre des Affaires étrangères Fouad Hussein.
Une fois élu, le président disposera de 15 jours pour nommer un Premier ministre, qui devrait être l’ancien chef du gouvernement Nouri al-Maliki.
Samedi, le Cadre de coordination, une alliance de factions chiites aux liens divers avec l’Iran, a désigné M. Maliki, figure de la vie politique irakienne âgé de 75 ans, au poste de Premier ministre «en tant que candidat du plus grand bloc parlementaire». Perçu comme proche de l’Iran, il avait quitté le pouvoir en 2014 sous la pression de Washington.
Cette nomination semble susciter des inquiétudes à Washington, où le secrétaire d’État Marco Rubio a mis en garde dimanche contre la formation d’un gouvernement pro-iranien en Irak.
Une source irakienne proche du Cadre de coordination a indiqué à l’AFP que Washington avait fait savoir qu’il portait «un regard négatif sur les précédents gouvernements dirigés» par M. Maliki.
L’Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les États-Unis et l’Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ces deux adversaires.
Le nouveau Premier ministre devra notamment répondre à une exigence de longue date de Washington: le désarmement des factions soutenues par Téhéran, dont beaucoup sont désignées comme groupes terroristes par les États-Unis.
AFP



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