Les pandas de Tokyo partent pour la Chine après les adieux de milliers d’admirateurs
Les deux très populaires pandas du zoo de Tokyo quittent mardi le Japon en direction de la Chine ©Photo by Alain JOCARD / AFP

Les deux très populaires pandas du zoo de Tokyo doivent quitter mardi le Japon en direction de la Chine, privant l’archipel de ces animaux emblématiques pour la première fois en un demi-siècle sur fond de relations diplomatiques tendues entre les deux pays.

Les jumeaux Lei Lei et Xiao Xiao doivent être acheminés par camion depuis le zoo d’Ueno, où ils sont nés, au grand désarroi de nombreux Japonais attachés à ces deux ursidés âgés de quatre ans.

«Bien que je ne puisse pas les voir, je suis venue respirer le même air qu’eux et leur dire prenez soin de vous», a déclaré une Japonaise à la chaîne de télévision publique NHK depuis le zoo, où ils étaient visibles jusqu’à dimanche.

Le retour précipité des mammifères avait été annoncé le mois dernier après le brusque raidissement des relations sino-japonaises provoqué par des propos de la Première ministre conservatrice japonaise, Sanae Takaichi, selon lesquels Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan.

Ces déclarations avaient suscité la colère de Pékin, qui revendique la souveraineté de cette île.

Les animaux étaient prêtés dans le cadre du programme de «diplomatie du panda» de la Chine et symbolisent l’amitié entre Pékin et Tokyo depuis la normalisation de leurs relations diplomatiques en 1972.

Ce rapatriement intervient un mois avant l’expiration de leur période de prêt en février, selon la mairie de Tokyo qui, d’après des médias, cherche à obtenir le prêt de nouveaux spécimens.

Selon un sondage réalisé ce week-end par le quotidien Asahi, 70 % des Japonais estiment cependant que leur gouvernement ne devrait pas négocier avec la Chine pour cette raison.

Dimanche, les 4.400 heureux gagnants d’une loterie en ligne avaient pu admirer à tour de rôle les pandas pour la dernière fois.

La Chine a déconseillé à ses ressortissants de voyager au Japon et aurait limité ses exportations de terres rares, des matériaux essentiels à la fabrication de nombreux produits, des voitures électriques aux missiles.

Mais Pékin rappelle régulièrement des pandas envoyés à l’étranger et cette décision pourrait ne pas être motivée par des raisons politiques, estime Masaki Ienaga, professeur à la Tokyo Woman’s Christian University et spécialiste des relations internationales en Asie de l’Est.

Dans la politique chinoise, «le moment où l’on envoie les pandas est plus important», explique-t-il, ajoutant que de nouveaux pandas pourraient revenir au Japon si les relations bilatérales s’améliorent.

L’utilisation d’animaux comme outils diplomatiques existe ailleurs, rappelle-t-il, par exemple les éléphants en Thaïlande ou les koalas en Australie.

Mais pour lui «les pandas sont particuliers», car «ils ont un fort pouvoir d’attraction et (…) peuvent rapporter de l’argent».

 

AFP

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