Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a appelé vendredi les autorités iraniennes «à mettre fin à leur répression brutale» du récent mouvement de contestation dans ce pays.
«J'appelle les autorités iraniennes à reconsidérer leur position, à faire marche arrière et à mettre fin à leur répression brutale, notamment aux procès sommaires et aux peines disproportionnées», a annoncé M. Türk à l'ouverture d'une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme consacrée à la situation dans ce pays.
«J'exige la libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement par les autorités iraniennes. Et j'appelle à un moratoire complet sur la peine de mort», a ajouté le responsable onusien.
Cette session extraordinaire du Conseil a été réclamée lundi par l'Islande, l'Allemagne, la Macédoine du Nord, la Moldavie et le Royaume-Uni, et a été soutenue par plus d'une vingtaine d'autres Etats membres.
Le projet de résolution discuté vendredi demande la prolongation de deux ans de la «Mission d'établissement des faits» sur l'Iran, créée en novembre 2022, à la suite à la répression des manifestants en Iran après la mort en détention de la jeune Iranienne Mahsa Amini.
Le texte exprime «sa profonde préoccupation face à la répression violente et sans précédent des manifestations pacifiques par les forces de sécurité» en Iran, «notamment les informations concernant des exécutions extrajudiciaires de manifestants, y compris de femmes et d'enfants, et le recours à une force excessive et meurtrière».
Mercredi, les autorités iraniennes ont donné un premier bilan de 3.117 morts. Mais selon le pouvoir, la grande majorité (2.427) sont des «martyrs» — soit des forces de sécurité ou des passants, et non des «émeutiers» comme sont qualifiés les manifestants.
Human Rights Activists News Agency (HRANA), organisation basée aux Etats-Unis, évoque quant à elle 5.002 morts, principalement des manifestants, et au moins 26.852 arrestations.
De son côté, l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège a elle confirmé la mort de 3.428 manifestants, mais dit cependant craindre que le chiffre réel atteigne les 25.000 morts.
Selon M. Türk, «les autorités iraniennes ont cherché à délégitimer les manifestants en les qualifiant de «terroristes», d'«ennemis de l'Etat» et d'«agents étrangers»».
«Rien de tout cela ne saurait justifier le recours à un usage excessif, inutile et disproportionné de la force, ni réduire l'obligation du gouvernement de garantir le respect des procédures légales et la transparence des enquêtes», a-t-il ajouté, estimant que «l'impunité» suite aux violations «alimente le ressentiment et les tensions en Iran».
«J'insiste donc pour que des enquêtes indépendantes soient menées sur toutes les violations des droits humains», a-t-il insisté.
Si elle est renouvelée, la «Mission d'établissement des faits» sur l'Iran devra présenter ses conclusions lors de la 63e session du Conseil en septembre prochain.
AFP



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