Donald Trump entame sa sixième année au pouvoir. La sixième au sens large, après un premier mandat de quatre ans et un nouveau mandat en cours; la deuxième, en réalité, depuis son retour à la Maison-Blanche et le lancement effectif de sa politique étrangère. Lors de son premier mandat, Trump avait surtout préparé le terrain, posé les jalons et amorcé des décisions qui, bien que souvent déroutantes, annonçaient déjà une rupture profonde.
Privé du prix Nobel de la paix, distinction qu’il convoitait ouvertement, Donald Trump n’en demeure pas moins l’égal, sinon le supérieur, de nombreuses figures qui l’ont reçu ou qui ont marqué leur époque. On peut même affirmer que Trump est l’homme du XXIᵉ siècle, quand bien même nous n’en abordons que le second quart. Ce qu’il entreprend aujourd’hui est appelé à marquer l’histoire mondiale, à l’instar de Winston Churchill ou de Martin Luther King au siècle dernier.
La singularité de Donald Trump tient à son rejet assumé du compromis. Il n’a jamais été, et ne sera jamais, un président bridé par des limites de langage ou d’action. La démonstration en a été faite dès son premier mandat, lorsqu’il rompt unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien. Aujourd’hui, il fait arrêter le président vénézuélien, impose un cessez-le-feu à Gaza et menace ouvertement l’Iran après avoir frappé ce qui est présenté comme l’un de ses complexes nucléaires les plus stratégiques.
Trump incarne l’homme des impossibles dans les manuels politiques. Ce qu’il accomplit n’était ni envisageable ni jugé réalisable auparavant. Il a brisé les traditions, les usages et les codes de la politique internationale: dans la rhétorique, les déclarations, la gestuelle, l’image et jusqu’à la nature même des initiatives diplomatiques. Trump a compris que le changement ne peut venir d’un dirigeant ordinaire, mais d’une personnalité hors norme, tant dans la forme que dans le fond.
Dans ce contexte, le monde sait que Trump n’appartient pas à la catégorie des dirigeants qui promettent sans agir. Il a promis la paix au Moyen-Orient. Il a promis la chute, ou à tout le moins l’affaiblissement, du régime iranien. Il a également promis un avenir où l’humanité ne serait plus prisonnière des guerres. Peu importe la méthode, qui a vu jusqu’à huit conflits actifs simultanément à travers le monde: les solutions aux crises militaires, selon Trump, ne se négocient pas à froid. Elles s’imposent par la force, de manière brutale et assumée. C’est cette logique qu’il applique lorsqu’il ordonne le bombardement du site nucléaire de Fordo et d’autres installations iraniennes.
Cette approche rejoint d’ailleurs les attentes du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, exprimées lors de sa longue rencontre avec Donald Trump à Washington, le 28 décembre dernier. Cette réunion, suivie d’une célébration commune du Nouvel An, a été prolongée par des échanges téléphoniques visant à analyser les suites possibles, quelques heures seulement après l’évocation d’une frappe américaine contre l’Iran.
Nombreux sont ceux qui contestent Benjamin Netanyahou sur les plans idéologique et politique. Mais il fut l’un des premiers à comprendre que Donald Trump est l’homme des décisions rapides et des solutions radicales. Il convient de souligner cette lucidité stratégique, car c’est elle qui a contribué à forger l’aura de Trump, une aura qui s’est muée en phénomène médiatique, puis en figure quasi mythique, appelée à devenir une légende avant même la fin de son mandat.



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