Kassem s’en prend au ministre libanais des AE
©Al Markazia

Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a attaqué frontalement le ministre des Affaires étrangères en exercice, rappelant son refus catégorique de remettre les armes à l’État. Lors d’un discours prononcé samedi, il a réaffirmé une ligne de confrontation politique qui interroge la cohérence de son discours sur la souveraineté et la construction de l’État libanais.

Kassem a explicitement appelé le gouvernement à «remplacer, faire taire ou contraindre le ministre des Affaires étrangères», Joe Raggi, l’accusant de «paralyser la diplomatie chargée de défendre le Liban», d’agir «à l’encontre de la politique du gouvernement et du mandat présidentiel», et de compromettre «la paix civile».

Lors d’une rencontre à Beyrouth avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, le 9 janvier, M. Raggi avait indiqué que «la défense du Liban relève exclusivement de la responsabilité de l’État».

Au nom de quelle légitimité politique un acteur non étatique, détenteur d’un arsenal militaire autonome, s’accorde-t-il le droit de corriger la ligne diplomatique officielle du Liban?

Sur le plan intérieur, le secrétaire général du Hezbollah a estimé que «l’absence de stabilité au Liban» est due à «l’agression israélo-américaine» et à des forces internes accusées de servir des agendas étrangers.

Le cœur du paradoxe réside dans l’usage extensif du terme «souveraineté». Le secrétaire général du Hezbollah dénonce une «absence totale de souveraineté», qu’il impute à l’agression israélienne et à la responsabilité du gouvernement. Pourtant, dans le même discours, il réaffirme sans ambiguïté son refus de toute discussion sur la remise des armes, conditionnant cette question à une souveraineté préalable qu’il contribue lui-même à empêcher.

Kassem réitère sa critique des appels au désarmement, présentés comme un agenda «américano-israélien». Par ailleurs, il dénonce l’affaiblissement de l’État tout en s’y substituant, en réclamant la souveraineté tout en refusant ses fondements.

«Les armes que nous détenons servent à nous défendre, à défendre notre peuple et notre résistance», a-t-il martelé, tout en instant que «le Liban ne demeurera pas sans résistance».

Parallèlement, Kassem a insisté sur la volonté de «construire l’État» et de participer au jeu institutionnel. «Nous continuerons à œuvrer pour la construction de l’État», a-t-il affirmé tout en annonçant que le Hezbollah travaille «à la préparation des élections législatives», appelant à ce qu’elles se tiennent «à la date prévue, conformément à la loi en vigueur».

Soutien affiché à l’Iran et relecture des manifestations

Kassem a dénoncé ce qu’il qualifie de tentatives américaines de déstabilisation de l’Iran, affirmant que «depuis 1979, la République islamique est un État indépendant».
Il a évoqué les manifestations récentes, assurant que les États-Unis et Israël ont «exploité les protestations pacifiques liées à la situation économique», affirmant que «le grand peuple iranien est sorti par millions».

Tout en reconnaissant l’existence de revendications populaires, il a insisté sur le fait que ces mouvements n’auraient pas pour objectif de «changer la nature de l’Iran», réaffirmant un soutien sans réserve: «Nous sommes avec l’Iran, le peuple, la direction et la révolution.»

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