Escalade au Liban, jour 2: frappes, ripostes et 58.000 déplacés
Banlieue sud de Beyrouth, le 3 mars 2026. ©Al Markazia

Au deuxième jour de l’intervention du Hezbollah face à Israël, les frappes israéliennes se poursuivent à un rythme soutenu au Liban, accompagnées d’alertes d’évacuation visant notamment la banlieue sud de Beyrouth, Saïda, Tyr et plusieurs localités du Sud et de la Békaa. En parallèle, le Hezbollah revendique des tirs de roquettes, des attaques de drones et des opérations contre des positions israéliennes au nord d’Israël et dans le Golan.

Bilan humain

Selon les chiffres communiqués par le ministère des Affaires sociales et la cellule d’urgence gouvernementale, 259 «actes hostiles» ont été recensés depuis le début de l’escalade. Le dernier bilan du ministère de la Santé fait état de 50 morts et 335 blessés, mardi soir.

Les autorités assurent suivre l’évolution de la situation «heure par heure» depuis la salle de gestion des catastrophes à la présidence du Conseil, où une coordination interministérielle a été mise en place.

Plus de 58.000 déplacés dans 321 centres

La pression humanitaire s’intensifie. À 17h mardi, 58.064 personnes – soit 12.539 familles – étaient enregistrées dans les centres d’hébergement ouverts à travers le pays.

Au total, 321 centres sont actuellement opérationnels, répartis comme suit :

  • Beyrouth : 58
  • Mont-Liban : 126
  • Sud : 56
  • Nabatiyé : 4
  • Nord : 25
  • Békaa : 33
  • Baalbeck-Hermel : 11
  • Akkar : 8

Les capacités d’accueil à Beyrouth et à Saïda ont atteint leurs limites. Les déplacés sont appelés à se diriger vers d’autres régions, notamment le Mont-Liban, le Nord et Akkar, où des places restent disponibles.

Sur le plan humanitaire, 23.000 repas chauds ont été distribués jusqu’à présent, ainsi que 15.000 rations alimentaires prêtes à consommer et 30.000 kits de nettoyage. Les autorités affirment que la distribution se poursuit en coordination avec les partenaires et les organisations concernées, afin d’assurer une répartition «équitable et organisée» dans l’ensemble des centres d’accueil.

Couverture sanitaire renforcée

Le ministère de la Santé a annoncé un relèvement du niveau de couverture médicale, hospitalière et pharmaceutique pour toute la durée de la guerre. Les services sont assurés à la fois aux déplacés et à l’ensemble des citoyens.

Le ministère prend en charge, à ses frais, le traitement des blessés dans les hôpitaux publics et privés, qu’ils soient assurés ou non. Une enveloppe forfaitaire a également été prévue pour les urgences ne nécessitant pas d’hospitalisation.

Une couverture à 100% est assurée dans les hôpitaux publics pour tous les Libanais non couverts par un régime d’assurance, qu’ils soient déplacés ou résidents hôtes.

La prise en charge intégrale concerne également les patients sous dialyse et ceux suivant des traitements de chimiothérapie, quel que soit leur lieu de résidence.

Sur le plan pharmaceutique, les autorités assurent que les stocks de médicaments sont disponibles pour plus de trois mois. La distribution aux déplacés a débuté via les centres de soins de santé primaires, désormais reliés aux centres d’hébergement en coordination avec le ministère des Affaires sociales. Des cliniques mobiles doivent être déployées dans les prochains jours pour assurer la distribution dans les centres d’accueil. Les vaccins restent fournis gratuitement.

Plusieurs lignes d’assistance ont été activées 24h/24: pour les affaires hospitalières et pharmaceutiques (1787), pour les patients sous chimiothérapie (1214) et pour le soutien psychologique (1564).

La distribution des médicaments sera reliée à un système électronique centralisé afin de contrôler les dépenses et garantir la transparence, alors que des discussions sont prévues avec le ministère des Finances pour assurer le financement des hôpitaux publics.

Le Liban sous le feu

Sur le terrain, les frappes israéliennes ont visé la banlieue sud de Beyrouth – notamment les secteurs de Ghobeiry et Haret Hreik – après des avertissements d’évacuation diffusés par l’armée israélienne. Des raids ont également touché Saïda, où une alerte a été émise en amont, ainsi que de nombreuses localités du Sud (Nabatiyé, Marjayoun, Tyr, secteur du Litani, Khiam, Deir Mimas, entre autres) et de la Békaa occidentale.

L’armée israélienne affirme avoir ciblé des infrastructures et des cadres liés au Hezbollah.

Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense, Israel Katz, ont approuvé l’avancement et la prise de contrôle de zones supplémentaires au Liban afin de protéger les communautés frontalières du nord d’Israel.

De son côté, le Hezbollah a revendiqué plusieurs opérations mardi matin et dans la journée: envoi de drones contre des bases et centres de surveillance israéliens, salves de roquettes vers le Golan et la Galilée, ainsi que des attaques contre des blindés israéliens près de la frontière sud. Le mouvement affirme également avoir abattu un drone israélien dans le ciel de Nabatiyé.

L’organisation présente ses opérations comme une «riposte» aux frappes israéliennes ayant touché des dizaines de localités libanaises, y compris la banlieue sud de Beyrouth.

Commentaires
  • Aucun commentaire