Riyad va investir 500 millions de dollars au Yémen dans des projets de développement
Des combattants yéménites soutenus par l’Arabie saoudite observent depuis un bâtiment détruit la cérémonie de lancement par le Programme saoudien de développement et de reconstruction du Yémen (SDRPY) de projets d’aide de plusieurs millions de dollars dans la ville côtière de Midi, dans le gouvernorat de Hajjah, en conflit, près de la frontière avec l’Arabie saoudite, le 22 avril 2019. ©Sayaf Ahmed / AFP

Riyad va investir plus de 500 millions de dollars dans des projets de développement au Yémen, a déclaré mercredi son ministre de la Défense, après que des forces pro-saoudiennes ont repoussé dans le pays voisin une offensive de séparatistes pro-émiratis.

«Des projets et initiatives de développement dans des secteurs vitaux pour un montant de 1,9 milliard de rials» (506 millions de dollars), financés par la puissante monarchie du Golfe vont être lancés dans dix gouvernorats yéménites, a annoncé sur X Khaled ben Salmane.

Les projets, qui seront livrés par le Programme saoudien de développement et de reconstruction pour le Yémen, comprennent la construction de la première usine de désalinisation de l'eau du Yémen, la restauration de l'aéroport d'Aden, l'ouverture d'un hôpital sur l'île de Socotra et la construction et l'aménagement de 30 écoles, a-t-il précisé.

Un responsable du programme, qui a travaillé au Yémen depuis 2018, a confirmé que les financements concernent «de nouveaux projets» dans les gouvernorats du sud du Yémen où étaient actifs les séparatistes, soutenus par les Émirats arabes unis, du Conseil de transition du Sud (STC).

Les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite ont représenté la colonne vertébrale d'une coalition combattant les houthis, qui se sont emparés en 2014 de la capitale Sanaa et contrôlent encore la plus grande partie du pays.

Mais une offensive en décembre des forces du STC a plongé le Yémen dans une nouvelle période de troubles et mis en évidence de profondes divisions entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

L'avancée des forces soutenues par les Émirats dans les provinces de Hadramawt et Mahra, frontalières de l'Arabie saoudite et d'Oman, a été repoussée par des frappes aériennes saoudiennes et une contre-offensive terrestre des forces pro-saoudiennes.

Le gouvernement, auparavant divisé entre des personnalités soutenues respectivement par les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, a procédé à une purge, les ministres alignés sur les Émirats ayant été limogés. Une déclaration a été publiée, appelant toutes les factions à s'unir sous le commandement saoudien.

Avec l'effacement des Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite deviendra la seule puissance à gérer les différentes factions au sein du gouvernement et à superviser un pays dévasté par plus d'une décennie de guerre. Le coût de la reconstruction et de la rémunération des forces sous son contrôle représente pour Ryad l'un de ses principaux défis.

«Tout ce fardeau reposera sur les épaules de l'Arabie saoudite», a estimé Farea al-Muslimi, expert du Yémen à Chatham House.

Riyad prévoit également des discussions entre les factions du sud pour remodeler le paysage politique.

AFP

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