L'armée syrienne demande aux forces kurdes de se retirer d'une zone à l'est d'Alep
Un agent de sécurité syrien assis parmi des débris et des éclats de verre, après un cessez-le-feu qui a mis fin à plusieurs jours de combats entre les forces de sécurité syriennes et les combattants kurdes dans le quartier à majorité kurde de Sheikh Maqsud, dans la ville d'Alep, au nord du pays, le 11 janvier 2026 ©BAKR ALKASEM / AFP

L’armée syrienne a demandé mardi aux forces kurdes de se retirer de la zone qu’elles contrôlent entre l’est d’Alep et l’Euphrate, après les avoir délogées de la principale ville du nord du pays au prix de violents combats.

Dans un communiqué, l’armée exige que «tous les groupes armés se retirent vers l’est de l’Euphrate», le fleuve qui coule dans le nord de la Syrie.

Elle publie une carte qui souligne en rouge la région devant être évacuée et prévient qu’elle va la considérer dorénavant comme «une zone militaire fermée».

L’annonce de l’armée intervient après qu’elle a délogé dimanche les forces kurdes de deux quartiers qu’elles tenaient à Alep.

Lundi, les autorités ont accusé les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) d’avoir envoyé des renforts à Deir Hafer, une zone qu’ils tiennent à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alep, ce que les Kurdes ont démenti.

Le pouvoir syrien a de son côté annoncé envoyer des renforts dans cette région. Un correspondant de l’AFP a mardi vu des batteries de défense anti-aérienne et de l’artillerie de l’armée syrienne acheminés vers ce front, face aux positions kurdes.

Les Kurdes avaient profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s’emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, et notamment la rive est de l’Euphrate.

Les combats à Alep sont intervenus alors que les négociations entre le gouvernement central et les Kurdes pour mettre en œuvre un accord conclu en mars 2025, visant à intégrer les institutions civiles et militaires de l’administration autonome kurde au sein de l’État syrien, sont dans l’impasse.

Réaction du PKK

Les récents combats meurtriers à Alep, dans le nord de la Syrie, entre forces syriennes et kurdes, visent à «saper le cessez-le-feu» entre Ankara et la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a affirmé mardi le groupe armé kurde.

Le PKK assure que «des bandes et mercenaires affiliés à l'État turc» ont participé aux violences, ce qui «remet en cause le cessez-le-feu entre notre mouvement et la Turquie, ainsi que le processus de paix et pour la démocratie qui en découle».

«Ces attaques contre les quartiers kurdes (d'Alep, NDLR), avec des références constantes au PKK, sont une attaque visant à saper le mouvement de libération et le cessez-le-feu qu'il a méticuleusement mis en œuvre», dénonce le PKK dans un communiqué transmis par l'agence prokurde ANF.

«Comment l'appel du guide Apo (le chef historique du PKK Abdullah Öcalan, NDLR) à abandonner la lutte armée (...) peut-il être suivi face à une telle attitude ?», ajoute le groupe armé kurde, qui affirme avoir jusqu'ici «assumé ses responsabilités» face à Ankara.

Depuis sa cellule où il est à l'isolement depuis 1999, Abdullah Öcalan, 76 ans, a appelé en février 2025 les combattants du PKK, considérés comme terroristes par Ankara, à renoncer à la lutte armée.

Le PKK a décrété un cessez-le-feu unilatéral le 1ᵉʳ mars, annonçant ensuite sa dissolution le 12 mai.

Le parti AKP au pouvoir à Ankara a pour sa part estimé lundi soir que les récents combats à Alep étaient une tentative des combattants kurdes de «saboter» les efforts pour mettre fin en Turquie au conflit avec le PKK, vieux de plus de quatre décennies.



AFP

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