Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Aden, dans le sud du Yémen, pour afficher leur soutien au mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud (STC), bravant une interdiction par le gouverneur pro-saoudien.
Cette manifestation intervient quelques jours après que des forces yéménites appuyées par l'Arabie saoudite ont repris aux combattants séparatistes, soutenus par les Émirats arabes unis, de vastes territoires dont ils s'étaient emparés en décembre.
Vendredi, des responsables du STC présents à Riyad avaient annoncé la dissolution du mouvement.
Mais ses représentants au Yémen ont affirmé que ces déclarations avaient été faites sous la pression saoudienne et appelé à des manifestations massives, malgré leur interdiction par le nouveau gouverneur d'Aden, nommé par les autorités pro-saoudiennes.
Des manifestants brandissaient samedi des drapeaux de l'ancien Yémen du Sud, qui était un État indépendant entre 1967 et 1990, tandis que d'autres affichaient des portraits du président du STC, Aidarous al-Zoubaidi.
La coalition militaire dirigée par Riyad a affirmé que ce dirigeant avait fui à Abou Dhabi avec l'aide des Émirats arabes unis, mais le STC assure qu'il se trouve toujours au Yémen.
«Les populations du Sud, venues de toutes les provinces, se sont rassemblées aujourd'hui dans la capitale Aden pour réitérer ce qu'elles n'ont cessé de réclamer depuis des années et tout au long du mois dernier: nous voulons un État indépendant», a dit à l'AFP Yacoub al-Safyani, l'un des manifestants.
«Le peuple du Sud rejette les manœuvres politiques à l'étranger et la marginalisation de son combat et du STC», a-t-il ajouté, en référence à l'Arabie saoudite.
Les séparatistes se sont emparés en décembre de vastes territoires dans les provinces de Hadramout et de Mahra, dans l'est, provoquant une riposte des autres factions gouvernementales, qui ont repris début janvier le terrain perdu.
L'Arabie saoudite a ensuite appelé à un dialogue entre les différentes factions du sud, divisées entre les pro-Saoudiens et les pro-Émiratis.
À l'invitation du royaume, une cinquantaine de membres du STC sont à Riyad depuis mercredi, mais ils sont depuis soit injoignables soit refusent de s'exprimer auprès des médias étrangers.
La coalition militaire menée par Riyad, à laquelle s'étaient joints les Émirats, était intervenue en 2015 au Yémen pour soutenir le gouvernement face aux houthis, soutenus par l'Iran, qui avaient pris le contrôle de la capitale Sanaa en 2014 et du nord du pays.
Mais l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis soutiennent des factions rivales au sein du Conseil présidentiel reconnu par la communauté internationale, qui exerce son autorité sur le reste du pays.
AFP



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