Khalaf : combler le déficit financier, c’est enrichir illégalement l’État et la BDL
Le secrétaire général de l’Association des banques du Liban, le Dr Fadi Khalaf, a affirmé qu'il n’existe pas de véritable déficit à la Banque du Liban ©Al-Markazia

Le secrétaire général de l’Association des banques du Liban, le Dr Fadi Khalaf, a affirmé qu'« il n’existe pas de véritable déficit à la Banque du Liban, et que toute tentative de combler un déficit financier, qu’il soit artificiel ou réel, constitue un enrichissement illégal de l’État et de la Banque du Liban au détriment des déposants et des banques».

Ces déclarations figurent dans l’introduction du rapport mensuel de l’Association pour décembre 2025, intitulé «Banques et déposants pour combler le déficit».

Selon Khalaf, la Gap Law actuellement examinée par le Parlement, repose sur une approche problématique : utiliser de manière quasi exclusive les banques et leurs déposants pour combler un déficit, alors que l’État se dérobe à toute contribution réelle.

Le Dr Khalaf rappelle que la liquidité que la Banque du Liban est censée fournir n’est en réalité que l’argent des banques elles-mêmes, sous forme de dépôts obligatoires – c’est-à-dire les fonds des déposants. Quant à l’État, principal responsable de la constitution du déficit, il n’apporte ni contribution financière directe ni mesure sérieuse pour récupérer les fonds publics détournés. Ces fonds, volés aux déposants et aux banques, constituent la base du déficit que le projet prétend combler.

Selon le rapport, le coût total des dépôts inférieurs à cent mille dollars pourrait dépasser les estimations évoquées, et il sera principalement supporté par les banques. À cela s’ajoutent des charges considérables sur les vingt prochaines années liées à leur participation au remboursement des obligations.

Khalaf s’interroge : combien de banques pourront survivre à de telles contraintes ? Si certaines échouent, quel sera le sort des déposants ? Comment un secteur, même coopératif, pourrait-il supporter ce fardeau sans la participation des véritables responsables de la crise ? Pour lui, cette situation équivaut à une condamnation implicite du secteur bancaire.

Le secrétaire général de l’ABL met également en lumière le manque de garanties pour les actionnaires : recapitaliser une banque dépouillée de son capital, ayant récupéré ses bénéfices passés et dont les futurs profits sont gelés pour vingt ans, apparaît irréaliste. L’objectif ne doit pas être la liquidation du secteur bancaire, mais sa restructuration, en garantissant sa capacité à honorer les engagements que le projet de loi lui impose. La destruction du secteur entraînerait une paralysie du système financier et favoriserait l’expansion d’une économie de cash, contraire aux objectifs internationaux de transparence et de lutte contre la corruption.

Khalaf critique également la priorité donnée aux détenteurs d’Eurobonds sur les déposants locaux. Selon lui, il serait plus logique que l’État consacre les dollars destinés aux créanciers étrangers aux déposants libanais, ce qui permettrait de maintenir la devise dans l’économie nationale plutôt que de l’exporter.

Le texte rappelle que les actifs de la Banque du Liban s’élèvent aujourd’hui à plus de 80 milliards de dollars :

- 11,9 milliards de dollars de réserves bancaires
- 7 milliards de biens et entreprises
- 41 milliards de dollars en or
- 16,5 milliards de créances reconnues sur l’État
- 5 milliards d’Eurobonds


Ces chiffres, souligne Khalaf, démontrent qu’il n’existe pas de véritable déficit à la Banque du Liban et que toute tentative de le combler constituerait un enrichissement illégal de l’État et de la Banque du Liban au détriment des déposants et des banques.

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