Washington annonce avoir «saisi» le pétrolier russe dans l'Atlantique Nord
Ce document du département américain de la Défense montre le groupe aéronaval Gerald R. Ford de la marine américaine, comprenant le navire amiral USS Gerald R. Ford (CVN 78), à l'avant, l'USS Winston S. Churchill (DDG 81), à droite, l'USS Mahan (DDG 72), à gauche, l'USS Bainbridge (DDG 96) et les F/A-18E/F Super Hornets de la Carrier Air Wing Eight embarqués, affectés aux Strike Fighter Squadrons 31, 37, 87 et 213, opérant en tant que force interarmées multidomaine avec un B-52 Stratofortress de l'armée de l'air américaine, le 13 novembre 2025 dans un lieu non divulgué de l'océan Atlantique. ©Gladjimi Balisage / AFP

Les États-Unis ont annoncé mercredi avoir «saisi» dans l'Atlantique Nord un pétrolier battant pavillon russe qui était poursuivi depuis plusieurs jours par les garde-côtes américains dans le cadre du blocus de Washington visant des pétroliers liés au Venezuela.

«Le ministère de la Justice et le ministère de l'Intérieur, en coordination avec le ministère de la Guerre, ont annoncé aujourd'hui la saisie du Bella 1 pour violation de sanctions américaines», a écrit sur X le commandement militaire américain pour l'Europe.

Moscou a dénoncé l'usage de la force par Washington contre le pétrolier.

«Conformément aux dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, en haute mer s'applique le régime de liberté de navigation, et aucun État n'a le droit d'employer la force à l'encontre de navires dûment immatriculés dans la juridiction d'autres États», a déclaré le ministère russe des Transports.

Il a précisé que le «Marinera» avait obtenu le 24 décembre une «autorisation provisoire» de naviguer sous pavillon russe et que lorsque les forces navales américaines sont montées à bord, «la communication avec le navire a été perdue».

Les autorités ont demandé aux États-Unis d'assurer le «retour rapide» dans leur pays des membres d'équipage russe se trouvant à bord du navire «saisi».

«Nous exigeons de la partie américaine qu'elle leur assure un traitement humain et digne, qu'elle respecte scrupuleusement leurs droits et leurs intérêts, et qu'elle ne fasse pas obstacle à leur retour rapide dans leur patrie», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères, cité par l'agence de presse TASS, sans préciser combien de Russes se trouvent à bord.

La Russie avait envoyé au moins un bâtiment de sa marine pour escorter le pétrolier poursuivi, ont rapporté mercredi plusieurs médias américains, dont le Wall Street Journal.

Moscou a dépêché «un sous-marin et d’autres moyens navals», écrit le quotidien, citant un responsable américain non identifié, une information également rapportée par CBS et le New York Times.

Le ministère de la Défense britannique a annoncé avoir apporté un soutien «opérationnel» aux États-Unis dans la saisie du pétrolier.

«Les forces armées britanniques ont fourni un soutien opérationnel planifié (...) aux forces militaires américaines qui ont intercepté le Bella 1 (rebaptisé récemment Marinera, ndlr) dans le détroit entre le Royaume-Uni, l'Islande et le Groenland, à la suite d'une demande d'assistance des États-Unis», a indiqué le ministère dans un communiqué.

Les États-Unis avaient annoncé fin décembre, avant de capturer le président Nicolás Maduro, la mise en place d’un blocus naval autour du pays contre des pétroliers prétendument sous sanctions. Ils en ont déjà saisi deux, soupçonnés par Washington de transporter du pétrole vénézuélien soumis à des sanctions.

Le navire, Bella 1 de son nom d’origine, est sous sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens présumés avec l’Iran et le groupe chiite libanais Hezbollah.

Rebaptisé depuis peu Marinera et battant désormais pavillon russe, il se trouvait mercredi vers 07H00 GMT dans la zone économique exclusive de l’Islande, après une traversée de l’océan Atlantique dans les eaux internationales, selon les données de suivi maritime de Bloomberg.

Le pétrolier est poursuivi depuis le 21 décembre par les gardes-côtes américains, alors qu’il était en route pour le Venezuela et ne transportait pas de cargaison, selon le site spécialisé TankerTrackers.

Le pétrolier poursuivi fait partie d’une flotte clandestine qui a transporté du pétrole pour la Russie, l’Iran et le Venezuela en violation des sanctions imposées par les États-Unis et d’autres pays, selon Washington.

Dans une déclaration antérieure aux informations publiées par les médias américains, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré mardi qu’il suivait «avec inquiétude» la situation.

«Pour des raisons qui nous échappent, le navire russe suscite une attention accrue de la part des armées américaine et de l’Otan – une attention manifestement disproportionnée au regard de son statut pacifique», a dit le ministère.

Deux autres pétroliers, l’Hyperion et le Premier, sous sanctions américaines et qui ont émis un signal en mer des Caraïbes proche du Venezuela dans la semaine écoulée, sont également passés sous drapeau russe en décembre.

L’Hyperion faisait route mercredi matin dans l’Atlantique avec pour destination le port d’Oust-Louga (Russie), selon ses informations de navigation, tandis que le Premier partageait une position dans la mer des Caraïbes.

Trois autres pétroliers sanctionnés identifiés par l’AFP mi-décembre près du Venezuela apparaissaient mercredi sous pavillon russe dans le registre en ligne du ministère russe des Transports, alors qu’ils figurent sous d’autres pavillons dans la base officielle de l’Organisation maritime internationale.

AFP

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