Décès du maître du cinéma hongrois Béla Tarr
Le réalisateur et scénariste hongrois Béla Tarr pose avec son trophée d’honneur lors de la 36ᵉ cérémonie des Prix du cinéma européen à Berlin, le 9 décembre 2023. ©Odd ANDERSEN / AFP

Béla Tarr, maître du cinéma hongrois connu pour ses films noirs, ses plans-séquences et ses fresques contemplatives comme Satantango et Les Harmonies de Werckmeister, est décédé mardi à l’âge de 70 ans. Son œuvre, souvent comparée à celle de Tarkovski, a profondément marqué le cinéma européen et mondial.

Le légendaire cinéaste hongrois Béla Tarr, connu pour ses plans-séquences et ses films en noir et blanc dépeignant des paysages désolés, est décédé mardi à l’âge de 70 ans.

Son décès a été annoncé par l’agence de presse nationale MTI, citant une déclaration du réalisateur Bence Fliegauf faite au nom de la famille.

Le maître du cinéma hongrois, mort à la suite d'une longue maladie, est connu pour son œuvre souvent sombre, dont Satantango (Le tango de Satan, 1994), une fresque de sept heures sur l'effondrement du communisme en Europe de l'Est et son déclin matériel et spirituel, adapté du roman du lauréat du prix Nobel de littérature László Krasznahorkai, son collaborateur régulier.

«C'est avec une profonde tristesse que nous annonçons que le réalisateur Béla Tarr est décédé tôt ce matin après une longue et grave maladie», a également indiqué l'Association des cinéastes hongrois dans son communiqué.

«L'homme le plus libre que j'aie connu est mort», a réagi le maire de Budapest, Gergely Karácsony, dans un communiqué, saluant son amour pour «ce qui est essentiel chez l'être humain: la dignité humaine».

Né le 21 juillet 1955 dans la ville universitaire de Pecs, dans le sud-ouest de la Hongrie, Béla Tarr a tourné son premier film amateur sur des travailleurs roms à l'âge de seize ans, laissant déjà poindre son engagement social.

Six ans plus tard, en 1977, il réalisait son premier long métrage, Nid familial, avec le soutien d'un studio de cinéma expérimental, le Bela Balazs, à Budapest, où il a suivi une formation de réalisateur.

Il est l'auteur du premier long métrage indépendant hongrois, Damnation, projeté au Festival international du film de Berlin en 1988, film coécrit avec László Krasznahorkai.

«J'ai eu la chance de trouver mon chemin pour survivre: faire des films, c'est mon truc à moi», déclarait-il en 2005 au journal français Le Figaro.

Celui qui était souvent présenté comme «le Tarkovski hongrois» a aussi tourné Macbeth en 1982 et Les Harmonies de Werckmeister, présenté avec succès à Cannes en 2000.

Après son dernier long métrage, The Turin Horse, en 2011, il avait annoncé prendre sa retraite, ne réalisant par la suite que deux courts métrages, préférant désormais enseigner le cinéma en Hongrie, en Allemagne et en France.

«J'avais fait tout ce que je voulais», confiait-il à l’hebdomadaire hongrois HVG en 2019.

Avec AFP

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