Mélissa Da Costa publie le 7 janvier Fauves chez Albin Michel, un roman très attendu qui marque un nouveau changement de registre. La romancière française la plus lue plonge ses lecteurs dans l’univers rude des cirques itinérants des années 1980, où un adolescent en rupture familiale se confronte à la violence, aux fauves et à lui-même. Un récit sombre et initiatique.
Mélissa Da Costa, la plus lue des autrices françaises, veut de nouveau surprendre ses lecteurs en redonnant vie à un cirque «à l'ancienne» où les fauves tiennent tête aux humains «dans la sueur et le sang».
Fauves, publié le 7 janvier par Albin Michel, est l'un des romans les plus attendus du début de l'année.
Il paraît 18 mois après Tenir debout, le précédent roman de Mélissa Da Costa, qui a été en tête des ventes de livres en France en 2023 et 2024, devant Guillaume Musso.
Ses livres sont également très lus dans le Benelux et en Italie, et commencent à percer au Japon.
L'autrice de 35 ans assume de changer de style à chaque ouvrage. «Je tiens vraiment à rester libre dans mon écriture, à ne jamais me faire dicter ce que je dois écrire, à pouvoir faire des choses radicalement différentes d'un roman à un autre», explique-t-elle à l'AFP.
«Je ne suis pas là pour répondre à une demande, à un besoin. Sinon je fais du marketing. À un moment donné, j'ai une idée, une inspiration, j'y vais. Ça marche ou pas, mais le message que je voulais envoyer est celui-là», ajoute-t-elle.
Cette fois-ci, «l'idée première» de la romancière était «d'écrire un roman sur l'engrenage de la violence dans une famille dysfonctionnelle».
Elle finit par trouver l'univers où faire vivre cette histoire en lisant à son jeune fils un livre racontant la vie d'un cirque.
«Un monde très dur»
«Ça a fait tilt dans ma tête. J'avais trouvé le décor avec la dimension lumineuse du chapiteau et de ses paillettes puis, une fois que la musique s'arrête, le retour à une espèce d'obscurité, à un monde très dur, paternaliste», détaille Mélissa Da Costa.
Ce monde, le héros, Tony, y plonge tête baissée à 17 ans après une violente altercation avec son père. L'adolescent est embauché par un cirque itinérant, Pulko, au sein duquel il devient l'homme à tout faire du patriarche, Chano, avant de se lancer dans le dressage des lions et d'une panthère.
«Se confronter à ces fauves est pour lui un moyen d'affronter ses propres démons et de se prouver qu'il est un homme», résume l'autrice.
L'histoire se déroule dans les années 1980, époque des cirques itinérants «à l'ancienne», avec «de la sueur et du sang». Depuis, les fauves ont disparu et les circassiens privilégient les numéros d'acrobaties et de clowns.
La romancière a débarqué dans le paysage littéraire avec Tout le bleu du ciel, un livre qui a dépassé le million d'exemplaires vendus depuis sa première parution en 2019.
Cette reconnaissance, également à l'étranger, «m'assure une belle sécurité financière qui m'offre la possibilité de prendre plus de risques», souligne Mélissa Da Costa, qui vit à la campagne en région parisienne.
La romancière dit accorder aussi une grande importance à son nouveau rôle d'ambassadrice de l'Unicef, pour lequel elle a publié en 2023 La Faiseuse d'étoiles, une longue nouvelle inédite. Les 500 000 euros récoltés ont été investis dans des programmes d'écovillages à Madagascar.
Par Jérôme RIVET / AFP



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