Ukraine : Macron, Starmer et Zelensky s’accordent sur une force multinationale
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer se serrent la main lors de la signature de la déclaration sur le déploiement d’une force post-cessez-le-feu en Ukraine, pendant le sommet de la « coalition des volontaires » sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine, au palais de l’Élysée à Paris, le 6 janvier 2026. ©Ludovic Marin / AFP

         

Le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président ukrainien Volodymyr Zelensky ont signé mardi une déclaration d'intention sur le déploiement d'une force multinationale après un cessez-le-feu en Ukraine, perspective qui reste néanmoins lointaine.

Cette force, à l'étude depuis plusieurs mois, doit «apporter une forme de réassurance le jour d'après le cessez-le-feu», a déclaré M. Macron à l'issue d'une réunion des alliés de Kiev, réunis à Paris pour afficher un front uni face à Moscou, près de quatre ans après le début de l'invasion russe.

Les dirigeants d'une trentaine de pays européens mais aussi du Canada se sont réunis mardi après-midi à l'Élysée avec des émissaires américains et le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour préciser leur vision des «garanties de sécurité» à apporter à l'Ukraine.

M. Zelensky a salué l'élaboration de «documents substantiels» sur les garanties de sécurité occidentales pour l'Ukraine.

«Il est important que la coalition dispose aujourd'hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles», a déclaré M. Zelensky lors d'une conférence de presse, se félicitant de «contenu concret» démontrant une détermination à «œuvrer pour une sécurité réelle».

L’émissaire américain Steve Witkoff a déclaré que les alliés de Kiev ont «en grande partie finalisé» un accord sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine en vue de la fin de la guerre menée par la Russie, soulignant que les questions territoriales resteraient les plus problématiques à l’avenir.

«Nous pensons avoir largement achevé les protocoles de sécurité, essentiels pour que le peuple ukrainien sache que, lorsque cela prendra fin, ce sera définitif», a-t-il affirmé, ajoutant que les «options territoriales» constitueraient «l’enjeu le plus critique» et qu’il espérait parvenir à «certains compromis» sur ce point.

D'après ce texte, ils s'apprêtent à se dire «prêts» à fournir à l'Ukraine des «garanties politiquement et juridiquement contraignantes qui seront activées lorsqu'un cessez-le-feu entrera en vigueur» avec la Russie. «Les partenaires de la Coalition et les États-Unis joueront un rôle vital, dans une coordination étroite, dans l'apport de ces garanties de sécurité», ajoutent-ils.

Il n'était pas clair dans l'immédiat si les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner seraient signataires de cette déclaration, ou uniquement la coalition dont les États-Unis ne sont pas formellement membres.

En cas de cessez-le-feu, un «mécanisme de vérification» serait «supervisé» par les Américains, avec une «participation» des membres de la coalition, d'après ce texte qui peut encore évoluer à la marge, selon des sources diplomatiques.

Par ailleurs, une «force multinationale pour l'Ukraine» serait mise en place une fois le cessez-le-feu en vigueur, non pas pour superviser la trêve mais pour «soutenir la reconstruction des forces armées de l'Ukraine et soutenir la dissuasion» face au risque de nouvelles attaques russes, selon le projet.

Elle serait «dirigée par les Européens», mais avec «une participation américaine», notamment en matière de «renseignement et logistique», et «un engagement américain à soutenir la force en cas d'attaque».

Le projet de déclaration évoque aussi plus largement des «engagements contraignants à soutenir l'Ukraine dans le cas d'une future attaque armée menée par la Russie afin de rétablir la paix». Le détail de tous ces engagements n'est pas dévoilé et doit encore être «finalisé».

Une «cellule de coordination» entre la coalition, les États-Unis et l'Ukraine doit être créée à Paris.

Par ailleurs, «la coalition, avec le soutien des États-Unis», doit s'engager à «poursuivre l'assistance militaire et l'armement de long terme critiques» pour l'armée ukrainienne, «qui restera la première ligne de défense et de dissuasion».

AFP

 

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