Washington prêt à déployer des drones «kamikazes» contre l’Iran
Un drone iranien Shahed-126 ©(Wikimedia commons

Les États-Unis pourraient recourir à des drones d’attaque à usage unique, conçus à partir d’une rétro-ingénierie du drone iranien Shahed-136, dans le cadre d’éventuelles frappes contre l’Iran. Cette information a été révélée par Bloomberg, puis reprise notamment par Ynet.

Selon Bloomberg, l’unité américaine spécialisée dans ces systèmes serait désormais opérationnelle et pourrait être engagée si le président Donald Trump décidait d’ordonner une action militaire contre l’Iran.

Une nouvelle unité baptisée «Task Force Scorpion»

D’après Bloomberg, l’unité baptisée «Task Force Scorpion» est issue d’un programme expérimental de l’armée américaine. Elle est désormais pleinement intégrée au United States Central Command (CENTCOM), responsable des opérations américaines au Moyen-Orient.

La citation du capitaine Tim Hawkins — «Nous avons créé cet escadron l’an dernier afin de fournir rapidement à nos forces combattantes de nouvelles capacités de drones de combat » — est rapportée par Bloomberg.

Le média américain précise également que cette unité s’inscrit dans le plus important déploiement militaire américain au Moyen-Orient depuis plus de vingt ans.

Des drones low-cost inspirés du Shahed-136

C’est également Bloomberg qui indique que les drones américains ont été développés à partir d’une rétro-ingénierie du Shahed-136, utilisé par l’Iran et par la Russie, notamment en Ukraine.

Ynet souligne de son côté que cette évolution illustre les efforts américains pour combler leur retard face à l’usage massif de drones «kamikazes» par l’Iran et la Russie ces dernières années.

Selon Bloomberg, les drones — désignés sous le nom de LUCAS (Low-Cost Unmanned Combat Attack System) — sont produits par l’entreprise américaine SpektreWorks, basée en Arizona. Leur coût unitaire est estimé à environ 35.000 dollars, selon les données du CENTCOM citées par le média.

La comparaison avec le drone MQ-9 Reaper, plateforme beaucoup plus coûteuse, est attribuée à l’analyste Anna Miskelley, citée par Bloomberg.

Tests opérationnels et déploiement régional

Toujours selon Bloomberg, un test réussi a été mené à la mi-décembre dans le Golfe depuis le navire amphibie USS Santa Barbara, actuellement déployé dans la région.

Le média précise que ces drones peuvent être utilisés pour des frappes à sens unique, des missions de reconnaissance ou des attaques maritimes, et qu’ils disposent d’une capacité d’opération autonome à longue portée.

Des cibles «molles» privilégiées

Selon Bloomberg, ces drones ne sont pas adaptés à la destruction d’infrastructures fortement fortifiées en raison de leur charge utile limitée (environ 18 kg), mais seraient efficaces contre des cibles «molles» comme des sites de production de missiles, des réseaux routiers ou des rampes de lancement dispersées.

L’argument selon lequel l’Iran disposerait d’un réseau de défense aérienne affaibli est également rapporté par Bloomberg.

 

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