Les cours du pétrole sont en baisse lundi, Washington ayant mis en exergue son intention d'exploiter les ressources pétrolières du Venezuela après son opération militaire et la capture de son président Nicolas Maduro.
Vers 09H05 GMT (10H05 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, perdait 1,12% à 60,07 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en février, reculait de 1,22% à 56,62 dollars.
Sommée de se conformer aux volontés de Washington, Delcy Rodriguez, nommée dirigeante par intérim à l'issue de la spectaculaire opération d'exfiltration menée samedi matin, a affiché sa volonté de coopérer.
«Cela réduit le risque d'un embargo prolongé sur les exportations de pétrole vénézuélien, qui pourrait bientôt circuler librement hors du Venezuela», affirme Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB.
S'il était levé par Donald Trump, «il pourrait y avoir une reprise permettant de revenir aux niveaux d'avant l'embargo», précise Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
Avec un blocus militaire renforcé en fin d'année 2025, l'embargo américain a effectivement pesé récemment sur la production et les exportations du pays.
Aussi, dans un contexte d'offre d'or noir en surplus par rapport à la demande selon les experts du marché, la perspective de nouveaux barils fait reculer les cours.
Mais l'effet sur le marché reste «limité», souligne Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Si le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole brut au monde, la production du pays est faible, environ 1 million de barils par jour avant le mois de décembre.
Pour produire significativement plus, «les besoins en investissements sont énormes», explique M. Lohmann Rasmussen à l'AFP.
En plus de ses infrastructures vieillissantes, le pays possède du «pétrole brut lourd et acide que toutes les raffineries ne peuvent pas traiter».
Et «il existe peu de demande mondiale pour des barils supplémentaires» sur un marché déjà bien approvisionné.
Les entreprises pétrolières américaines savent qu'ajouter plus de barils pourrait faire baisser les cours et dégrader leurs profits, et «feront preuve de prudence avant d'investir massivement, notamment en raison des problèmes politiques et sécuritaires qui pourraient rester importants», souligne l'analyste.
Avant que la production vénézuélienne ne double, «on parle de 5 à 10 ans», estime-t-il.
Avec AFP



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