Nicolás Maduro Moros, président du Venezuela depuis 2013, est une figure centrale du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), il fut un proche allié d’Hugo Chávez, occupant les fonctions de ministre des Affaires étrangères (2006–2012) puis de vice-président (2012–2013) avant de lui succéder.
De chauffeur de bus à héritier de Chávez
Maduro débute sa vie professionnelle comme chauffeur de bus à Caracas, où il s’engage dans l’action syndicale. Il accède à la politique nationale avec l’ascension de Chávez, est élu à l’Assemblée nationale en 2000, puis en devient président (2005–2006). À la tête de la diplomatie, il s’impose comme un acteur clé de la projection internationale du chavisme, élargissant les alliances du Venezuela au-delà de l’Amérique latine.
Après l’annonce de la mort de Chávez le 5 mars 2013, Maduro assume la présidence. Il remporte l’élection anticipée d’avril 2013 avec 50,62 % des voix et est investi le même mois. Depuis 2015, il gouverne en grande partie par décrets, sur la base de pouvoirs accordés par des institutions acquises au pouvoir.
Consolidation du pouvoir et crises politiques
La présidence de Maduro est marquée par l’effondrement économique, les pénuries et des manifestations de masse dès 2014. En 2015, l’opposition remporte l’Assemblée nationale, mais ses prérogatives sont ensuite retirées par le Tribunal suprême, déclenchant une crise constitutionnelle et de vastes protestations en 2017.
Cette année-là, Maduro convoque une Assemblée constituante chargée de réécrire la Constitution, un scrutin largement critiqué à l’international. Il est réélu en 2018 lors d’un vote dénoncé par de nombreux gouvernements. En janvier 2019, le chef de l’opposition Juan Guaidó se proclame président par intérim, ouvrant une longue confrontation politique qui divise la communauté internationale.
En 2024, Maduro revendique la victoire à une troisième élection présidentielle, sans publier de résultats détaillés. L’opposition affirme que son candidat, Edmundo González, l’a emporté. Maduro est investi pour un troisième mandat le 10 janvier 2025, plongeant le pays dans une nouvelle crise.
Politique étrangère et alliances internationales
À la présidence, Maduro aligne le Venezuela sur la Russie, la Chine, l’Iran, Cuba et la Syrie, tout en adoptant une ligne dure envers les États-Unis et Israël. Il soutient la cause palestinienne, renforce les liens avec Moscou après l’invasion russe de l’Ukraine et recherche l’appui chinois pour l’adhésion du Venezuela aux BRICS.
Il relance également la revendication territoriale vénézuélienne sur l’Essequibo, disputé avec le Guyana, en organisant un référendum en 2023 qui ravive les tensions régionales.
Autoritarisme et accusations de violations des droits humains
Maduro est largement décrit par ses critiques et par des organisations internationales comme un dirigeant autoritaire. Son gouvernement est accusé de manipulations électorales, de répression de l’opposition et de graves violations des droits humains. La liberté de la presse s’est fortement dégradée, tandis que l’ONU et des ONG estiment que plus de 20 000 personnes ont été tuées de manière extrajudiciaire et que des millions de Vénézuéliens ont fui le pays sous son mandat.
La Cour pénale internationale a ouvert une enquête en 2021 pour de possibles crimes contre l’humanité. Les États-Unis ont inculpé Maduro en 2020 pour narcoterrorisme, augmentant ensuite la récompense pour son arrestation. En novembre 2025, Washington l’a désigné comme membre d’une organisation terroriste étrangère.
Tentatives d’assassinat et sécurité
Maduro affirme avoir échappé à plusieurs tentatives d’assassinat, notamment l’incident des drones explosifs de 2018 à Caracas, dont les circonstances restent controversées. Les autorités vénézuéliennes ont depuis annoncé des arrestations liées à de supposés complots impliquant des ressortissants étrangers, des accusations rejetées par l’opposition et plusieurs gouvernements.
Le président Donald Trump a déclaré samedi que les forces américaines avaient capturé le dirigeant vénézuélien après avoir lancé une «attaque de grande ampleur» contre le pays sud-américain.
Selon CBS News, l’opération visant à arrêter Maduro a été menée par la Delta Force, une unité d’élite de l’armée américaine.
L’intervention militaire américaine est désormais terminée, Maduro ayant été arrêté afin de «répondre de ses actes» devant la justice américaine, a indiqué un sénateur américain en citant le secrétaire d’État Marco Rubio.
Le sénateur Mike Lee a confirmé sur X que Marco Rubio l’avait «informé que Nicolás Maduro avait été arrêté par des agents américains afin d’être jugé pour des accusations criminelles aux États-Unis, et que l’opération avait été menée pour assurer la protection de ceux chargés d’exécuter le mandat d’arrêt».
AFP




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