Le gouverneur de la province de Hadramout au Yémen a lancé une opération visant à prendre le contrôle des bases militaires de la région «de manière pacifique», après l'avancée des séparatistes soutenus par les Émirats arabes unis, a rapporté vendredi l'agence de presse yéménite Saba.
Les séparatistes du Yémen ont fait état vendredi de frappes saoudiennes meurtrières contre l'une de leurs positions dans la province d'Hadramout, peu après l'annonce du lancement de cette opération par des forces soutenues par Ryad.
«Cette opération n'est pas une déclaration de guerre, ni une tentative d'escalade», a affirmé Salem Al-Khanbashi, dans un communiqué cité par l'agence, peu après avoir été nommé commandant des forces du Bouclier national à Hadramout, soutenues par l'Arabie saoudite.
«Sept frappes saoudiennes ont visé notre camp à Al-Khasha, faisant des morts et des blessés parmi nos forces», a déclaré à l'AFP le chef du Conseil de transition du Sud (STC) pour les régions de Wadi et du désert d'Hadramout, Mohammed Abdelmalek, en affirmant qu'une attaque au sol avait été repoussée.
L'objectif est de prendre le contrôle des sites militaires «de manière pacifique et organisée», a-t-il assuré en ajoutant que l'opération ne visait «aucun parti politique, ni les civils».
Les séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC), proches des Émirats arabes unis, se sont emparés ces dernières semaines de vastes territoires dans cette province riche en pétrole, frontalière de l'Arabie saoudite, ainsi que dans la région voisine de Mahra.
Cette offensive éclair a suscité la colère des autres factions au sein du gouvernement yéménite, appuyées par une coalition militaire dirigée par Riyad. «L'Arabie saoudite a sciemment trompé la communauté internationale en annonçant une «opération pacifique» qu'elle n'avait jamais eu l'intention de mener de manière pacifique», a dénoncé le représentant du président du STC pour les Affaires étrangères, Amr Al Bidh.
L'Arabie saoudite a exhorté à plusieurs reprises le STC à se retirer des régions qu'il contrôle et a mené des frappes contre des positions. La coalition dirigée par l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite, a également bombardé mardi une cargaison d'armes présumée en provenance des Émirats arabes unis dans un port yéménite contrôlé par le STC.
Jeudi, le STC avait réaffirmé son intention de rester dans les régions conquises, tout en se disant prêt à travailler avec les forces du Bouclier national.
Le gouvernement yéménite, dont fait partie le STC, regroupe des forces hétéroclites opposées aux rebelles houthis, soutenus par l'Iran, qui se sont emparés de la capitale Sanaa en 2014, puis de larges parties du nord du pays.
«Instransigeance»
Plus tôt dans la journée, l'ambassadeur saoudien pour le Yémen, Mohammed al-Jaber, avait accusé le président du STC de faire preuve d'"intransigeance" face aux efforts d'apaisement.
«Le royaume a déployé tous les efforts ces dernières semaines et jusqu'à hier auprès du STC pour mettre fin à l'escalade et obtenir un retrait de ses forces hors des provinces de Hadramout et de Mahra», a-t-il écrit sur X.
«Mais il s'est heurté au refus constant et à l'intransigeance d'Aidarus al-Zoubaidi», le président du STC, a-t-il ajouté.
L'ambassadeur saoudien a affirmé que le chef du STC avait refusé la veille une autorisation à un avion transportant une délégation officielle saoudienne venue pour discuter à Aden, la capitale provisoire du gouvernement yéménite, et ajouté que le trafic aérien à l'aéroport avait été fermé.
Jeudi, le ministère yéménite du Transport, contrôlé par le STC, avait dénoncé une décision de la coalition dirigée par Riyad, imposant à tous les vols en direction ou en provenance des Émirats arabes unis de faire escale en Arabie saoudite pour des contrôles de sécurité.
Le ministère n'a pas annoncé officiellement la fermeture de l'aéroport, mais selon le site Flightradar, aucun vol n'a décollé ou atterri à Aden ces dernières heures.
La fermeture du trafic aérien «constitue un comportement irresponsable, sapant les efforts de coordination politique, militaire et sécuritaire, et créant un précédent dangereux qui traduit une volonté d'escalade et un refus des voies d'apaisement», a dit l'ambassadeur.
AFP



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