Le pape Léon XIV a exhorté dimanche les Libanais à «rester» dans leur pays, et appelé à la "réconciliation» pour surmonter les profonds clivages politiques et communautaires au Liban.
Arrivé de Turquie dans le cadre de son premier déplacement international, Léon XIV est venu porteur d'un message de paix au Liban.
Dans un discours au palais présidentiel peu après son arrivée, il a insisté sur la situation intérieure et la nécessité d’œuvrer pour la «paix» – un mot répété 27 fois – sans évoquer les tensions régionales ni les récents bombardements israéliens.
Léon XIV a également souligné le besoin «d’autorités et d’institutions qui reconnaissent que le bien commun est supérieur à celui d’une partie», et appelé la classe dirigeante à «se mettre au service du peuple avec engagement et dévouement».
Évoquant «une hémorragie de jeunes et de familles» quittant le pays, il a reconnu qu'«il arrive parfois qu'il soit plus facile de fuir ou, tout simplement, plus pratique d'aller ailleurs». «Il faut vraiment du courage et de la clairvoyance pour rester ou revenir dans son pays», a-t-il déclaré.
«Résilience»
Dans son discours devant les responsables, la société civile et le corps diplomatique, accueilli par des applaudissements, le pape a appelé le Liban à «emprunter la voie difficile de la réconciliation» pour refermer les «blessures personnelles et collectives».
«Si elles ne sont pas soignées, si l'on ne travaille pas à une guérison de la mémoire, à un rapprochement entre ceux qui ont subi des torts et des injustices, il sera difficile d'avancer vers la paix», a-t-il mis en garde.
Le pape a salué la «résilience» d'un «peuple qui ne succombe pas, mais qui sait toujours renaître avec courage face aux épreuves».
«Vous avez beaucoup souffert des conséquences d’une économie qui tue, de l'instabilité mondiale qui a également, au Levant, des répercussions dévastatrices de la radicalisation des identités et des conflits, mais vous avez toujours voulu et su recommencer», a lancé le chef de l'Église catholique.
Pour sa part, le président Joseph Aoun, a assuré dans son discours que «la sauvegarde du Liban, unique modèle de coexistence» entre chrétiens et musulmans, «est un devoir pour l’humanité».
«Car si ce modèle venait à disparaître, nul autre lieu ne pourrait le remplacer», a-t-il ajouté.
«Dites au monde entier que nous ne mourrons pas, nous ne partirons pas, nous ne désespérerons pas et nous ne nous rendrons pas (...) Nous demeurons l’unique espace de rencontre, dans notre région – et si j’ose dire dans le monde entier», a encore dit le président.
AFP



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