
Le bilan des violences intercommunautaires survenues en juillet dans le sud de la Syrie a grimpé à 2.000 morts, après la découverte et l’identification de plusieurs dizaines de corps supplémentaires, a indiqué vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Les affrontements dans la province méridionale syrienne de Soueida, majoritairement druze, avaient éclaté le 13 juillet entre combattants druzes et bédouins sunnites, avant l'intervention des forces de sécurité et des membres de tribus venus d'autres régions de Syrie pour prêter main forte aux bédouins.
Damas affirme que ses troupes sont intervenues pour mettre un terme aux heurts. Mais des témoins, des factions druzes et l'OSDH accusent les autorités d'avoir pris parti pour les bédouins et commis des exactions contre les druzes.
L'OSDH basé au Royaume-Uni mais disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, a indiqué avoir identifié 1.990 personnes tuées dans les violences, «dont 14 depuis le cessez-le-feu» entré en vigueur le 20 juillet.
L'augmentation du nombre de victimes est due à la découverte et à l'identification de corps dans des villages et des villes de la province de Soueida, où l'accès est difficile, a précisé le directeur de l'observatoire Rami Abdel Rahmane.
«Certaines personnes dont le décès est désormais confirmé avaient auparavant été signalées comme kidnappées ou disparues», a-t-il ajouté.
L'accès à certaines zones reste difficile «en raison de la présence de combattants» hostiles à la population druze, a-t-il déclaré.
Le bilan des morts comprend 725 habitants de la province de Soueida, dont 167 civils.
765 autres civils druzes ont été «sommairement exécutés par des membres du ministère de la Défense et de l'Intérieur», a-t-il ajouté, précisant que 436 membres des forces gouvernementales avaient été tués dans les affrontements.
Quarante combattants bédouins sunnites avaient également été tués, en plus de trois Bédouins, dont une femme et un enfant, qui ont été «sommairement exécutés par des combattants druzes».
Le bilan de l'Observatoire comprend également 21 autres personnes, dont 15 membres des forces gouvernementales tués lors de frappes israéliennes. Israël, disant vouloir protéger les druzes et réclamant une démilitarisation du sud de la Syrie, avait bombardé les forces gouvernementales syriennes pendant les violences à Soueida.
Le mois dernier, les autorités avaient annoncé la formation d'une commission d'enquête pour les violences à Soueida.
Avec AFP
Commentaires