Iran: un vice-président limogé après un coûteux voyage en Antarctique
Cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence iranienne montre le président de la République islamique, Massoud Pezeshkian, lors de son discours annuel à la nation à l’occasion de Nowruz, le Nouvel An persan, à Téhéran, le 20 mars 2025. ©Présidence iranienne / AFP

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a démis de ses fonctions samedi son vice-président chargé des affaires parlementaires après un coûteux voyage en Antarctique, au moment où hyperinflation et crise économique étranglent les ménages.

Une photo publiée sur les réseaux sociaux a montré ces derniers jours Shahram Dabiri au côté d'une femme présentée comme son épouse, posant près du Plancius, un bateau de croisière qui offre depuis 2009 des expéditions luxueuses en Antarctique.

"Dans un contexte où la pression économique sur la population est toujours élevée (...), les voyages récréatifs coûteux des responsables, même à leurs frais, ne sont ni défendables ni justifiables", fustige le président iranien dans une lettre publiée samedi par l'agence officielle Irna.

L'agence ajoute que Massoud Pezeshkian "limoge" par conséquent M Dabiri, l'un de ses vice-présidents.

Médecin de profession âgé de 64 ans et proche confident du président Pezeshkian, M. Dabiri avait été nommé à ce poste en août 2024.

Le gouvernement avait été vivement critiqué après la publication de la photo, et plusieurs soutiens de M. Pezeshkian avaient exhorté à démettre de ses fonctions ce vice-président.

Le 26 mars, l'agence Irna, citant "un membre du bureau" de M. Dabiri, avait affirmé que le voyage avait été effectué lorsque le désormais ex-vice-président "n'occupait pas de responsabilités" dans le gouvernement.

Cette affaire est un nouveau coup dur pour le président Pezeshkian, élu l'an dernier avec la promesse de relancer l'économie et d'améliorer le quotidien de ses concitoyens.

Début mars, son ministre de l'Économie, Abdolnasser Hemmati, a été révoqué par le Parlement, dans un contexte de forte dépréciation de la monnaie nationale face au dollar et d'une inflation galopante.

Cette tendance s'est particulièrement accélérée depuis le retour en janvier à la Maison Blanche du président américain, Donald Trump, dont le premier mandat avait été marqué par une politique dite de "pression maximale" à l'encontre de l'Iran et le rétablissement de sanctions.

Le Plancius, construit en 1976 et initialement un navire de recherche océanographique, a été entièrement réaménagé en 2009 pour offrir des croisières.

Il dispose d'une cinquantaine de cabines, d'un restaurant et peut accueillir un maximum de 108 passagers, selon la description faite par des agences de voyages.

A titre indicatif, l'une d'elles facture à partir de 3 885 euros par personne une croisière de huit jours en juillet à bord du Plancius.

AFP

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