Produits alimentaires et prix: le Ramadan sous le signe de l’abondance et de la stabilité
©Shutterstock

Le mois de Ramadan revêt une importance sacrée pour les musulmans à travers le monde. Cette période entraîne des ajustements notables dans les habitudes alimentaires, avec une augmentation des dépenses consacrées aux repas de l'iftar (le repas qui marque la rupture du jeûne) et du souhour (le repas de l’auble). Au Liban, on s’inquiète de la disponibilité des produits et de la fluctuation de leurs prix. Qu'en est-il réellement?

Pendant le mois sacré du Ramadan, les familles mettent les petits plats dans les grands, ce qui accroît les dépenses alimentaires (18,2% selon une enquête menée en 2024). Elles consacrent une plus grande part de leur budget aux iftars et aux souhours, avec une préférence pour les produits traditionnels et les plats spécifiques au Ramadan. Mais, en raison des nombreuses crises et guerres qu’a traversées le Liban ces dernières années, les Libanais restent constamment préoccupés par la disponibilité des produits et la fluctuation de leurs prix.

À ce propos, le président du Syndicat des importateurs de produits alimentaires, Hani Bohsali, se veut très rassurant. Il a indiqué à Ici Beyrouth que les importateurs se sont préparés depuis plusieurs semaines pour le mois de Ramadan, “parce que les produits doivent être stockés dans les entrepôts un mois à l’avance pour pouvoir être distribués par la suite”. 

Il a assuré que “toutes les denrées alimentaires sont disponibles en grande quantité, bien au-delà des besoins des Libanais et des touristes pendant cette période”. Selon M. Bohsali, “les importateurs libanais ont diversifié leurs sources d’approvisionnement, offrant ainsi aux consommateurs une large gamme pour chaque produit, en fonction de leurs préférences et de leurs moyens”.

Concernant les prix, il a indiqué qu’ils restent stables, “avec de légères variations dues aux fluctuations mondiales des prix de certaines matières premières”. Il a notamment cité l’augmentation des prix du café, du thé et des huiles végétales, attribuée à des facteurs météorologiques et des perturbations dans la production. M. Bohsali a rappelé que pendant la guerre entre Israël et le Hezbollah, le Liban n’a rencontré aucun problème d’approvisionnement et que les prix n’ont pas connu de hausse significative. “Ce qui aurait pu faire grimper les prix, à savoir la guerre, ne l’a pas fait et ne le fera pas maintenant”, a-t-il insisté. Pour lui, aucun commerçant ne devrait profiter du mois de Ramadan pour augmenter ses prix.

Le président du Syndicat des propriétaires de supermarchés, Nabil Fahed, a abondé dans le même sens, assurant à Ici Beyrouth que tous les produits sont disponibles en quantité et que les prix restent stables à travers toutes les régions. Il a rappelé qu’au cours du Ramadan, la consommation augmente, en particulier celle des légumes frais, des viandes, des volailles, ainsi que des sucreries et autres douceurs.

Idem pour les volailles. Le président du syndicat des producteurs, William Boutros, a fait savoir que “le poulet est largement disponible sur les marchés libanais et que la production est pleinement capable de répondre aux besoins de consommation, notamment durant le mois de Ramadan”. Quant aux prix, il a indiqué qu'ils “sont régis par la loi de l'offre et de la demande, en fonction de la production et de la consommation”. “À ce jour, il semble que les prix demeureront dans des limites raisonnables, garantissant ainsi une stabilité de ceux du poulet”, a-t-il noté.

 

Commentaires
  • Aucun commentaire