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- Rubio achève au Pérou une tournée centrée sur la lutte contre les cartels
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a achevé jeudi au Pérou une tournée éclair en Amérique latine, renforçant la coopération avec un nouveau bloc de gouvernements conservateurs afin de lutter contre les cartels de drogue et le crime organisé.
A Lima, le chef de la diplomatie américaine a rencontré la présidente de droite Keiko Fujimori, après un passage par l'Equateur mercredi et la Colombie mardi.
Le Pérou est le dernier pays en date à rejoindre le «Bouclier des Amériques», coalition dirigée par Donald Trump pour lutter contre le trafic de drogue et la criminalité organisée dans la région.
Le gouvernement de Mme Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), avait fait part peu après son entrée en fonctions, fin juillet, de sa volonté de rejoindre cette alliance.
Le Pérou, deuxième producteur mondial de cocaïne après la Colombie, fait face depuis quelques années à une forte dégradation de sa situation sécuritaire.
Le nombre d'homicides dans ce pays de 34 millions d'habitants a fortement augmenté depuis 2018. Les entreprises de plusieurs secteurs vivent dans la terreur de l'extorsion pratiquée par les gangs.
«Faire partie du Bouclier des Amériques nous permettra (...) d'obtenir des informations plus rapidement et d'agir avec davantage de fermeté», a salué jeudi la nouvelle dirigeante en conférence de presse, aux côtés de M. Rubio.
Keiko Fujimori a attribué l'arrestation d'un membre du gang Los Pulpos, arrêté début septembre en Bolivie, à des «informations du FBI». Il s'agissait de l'un des hommes les plus recherchés du Pérou.
La présidente s'est par ailleurs réjouie que «les États-Unis portent aujourd'hui un regard politique sur l'Amérique latine».
M. Rubio a pour sa part souligné que cette région était une «priorité» pour l'administration Trump. «Notre implication (...) n'est pas une faveur. Elle est essentielle à notre propre sécurité, à notre propre prospérité», a-t-il déclaré.
«Terroristes»
À Quito mercredi, où il s'est entretenu avec le président Daniel Noboa, le secrétaire d'Etat a annoncé que le gang équatorien Los Tiguerones serait désormais désigné comme «organisation terroriste», leur interdisant tout accès au système financier américain.
Washington avait déjà fait de même avec d'autres gangs équatoriens, mais aussi avec le Tren de Aragua au Venezuela ou le cartel de Sinaloa au Mexique.
«Nous ne parlons pas d'une mafia ordinaire, nous ne parlons pas de criminels, nous parlons de terroristes», a lancé M. Rubio.
«Si vous ne faites pas quelque chose contre ces groupes, ils dévoreront ces pays tout crus», a-t-il ajouté.
Le responsable américain a par ailleurs estimé que le Mexique, dirigé par la présidente de gauche Claudia Sheinbaum, devait en faire davantage dans la lutte contre les cartels de drogue.
Lors de son déplacement en Colombie mardi, il a promis au nouveau dirigeant de droite dure Abelardo de la Espriella de resserrer les liens avec Bogota, après quatre années de gouvernement de gauche.
«Pas l'arrière-cour»
Cette mini-tournée sud-américaine s'inscrit dans le sillage d'une vague conservatrice en Amérique latine ayant porté au pouvoir des hommes politiques de droite proches de Donald Trump.
Washington affiche clairement sa volonté d'hégémonie sur le continent sud-américain, au nom de la «doctrine Donroe», une contraction du prénom de l'actuel président américain et du nom de James Monroe, le cinquième président des Etats-Unis, qui avait, il y a plus de deux siècles, désigné l'Amérique latine comme étant la chasse gardée de son pays.
L'administration Trump entend contrer l'influence de la Chine, de la Russie et de l'Iran en Amérique latine, et notamment au Venezuela, une priorité définie dans la stratégie de sécurité nationale.
«L'hémisphère occidental n'est +l'arrière cour+ de personne», a rétorqué l'ambassade de Chine à Lima dans un message sur X, avant l'arrivée mercredi soir au Pérou de M. Rubio.
«La coopération entre la Chine et l'Amérique latine n'est pas dirigée contre des tiers et ne doit pas non plus faire l'objet d'ingérences de la part de tiers», a-t-elle ajouté.
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