Le chef de la diplomatie américaine en Amérique latine pour durcir la lutte anti-drogue
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio monte à bord d’Air Force One à la base aérienne de Joint Base Andrews, dans le Maryland, le 12 mai 2026. ©BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'est montré déterminé mercredi en Équateur à intensifier la lutte conjointe contre les cartels de drogue, qui ont transformé ce pays en l'un des plus violents d'Amérique latine.

Ce déplacement était la deuxième étape d'une tournée destinée à consolider les alliances avec les dirigeants conservateurs de Colombie, d'Équateur et du Pérou, et à conforter l'influence des États-Unis en Amérique latine.

Depuis Quito, le chef de la diplomatie américaine a annoncé que le gang équatorien Los Tiguerones serait désormais désigné comme «organisation terroriste», leur interdisant tout accès au système financier américain et toute transaction en leur faveur.

Washington avait déjà fait de même avec d'autres gangs équatoriens, mais aussi avec le Tren de Aragua au Venezuela ou le cartel de Sinaloa au Mexique.

«Nous ne parlons pas d'une mafia ordinaire, nous ne parlons pas de criminels, nous parlons de terroristes», a lancé M. Rubio en conférence de presse.

Cette organisation est impliquée dans le trafic de drogues et d'armes, ainsi que dans l'exploitation minière illégale, le blanchiment d'argent, l'extorsion et des assassinats, selon l'Observatoire équatorien du crime organisé.

Marco Rubio a également promis l'envoi d'un patrouilleur des garde-côtes et de cinq nouveaux navires d'interception.

Il a en outre annoncé que sept anciens responsables équatoriens seraient sanctionnés «pour avoir accepté des pots-de-vin» en lien avec des groupes illégaux.

Parmi eux figurent un ancien directeur de l'autorité pénitentiaire, un ex-parlementaire et plusieurs anciens magistrats, a ensuite détaillé le département d'État dans un communiqué. L'entrée aux États-Unis leur est désormais interdite.

«Pas assez»

M. Rubio a par ailleurs estimé que le Mexique, dirigé par la présidente de gauche Claudia Sheinbaum, devait en faire davantage dans la lutte contre les cartels de drogue.

«Les Mexicains ont fait plus d'efforts qu'ils n'en ont jamais fait auparavant pour s'attaquer à ces groupes, mais ce n'est toujours pas assez», a-t-il déclaré, jugeant qu'il faudra faire face à cette menace «d'une façon ou d'une autre».

Sa visite survient alors que Washington et Quito, proches alliés, mènent des opérations militaires conjointes contre des bateaux de pêche accusés d'être au service des narcotrafiquants dans le Pacifique équatorien.

Les militaires ont ainsi coulé six embarcations en deux semaines, suscitant des critiques de la part des défenseurs des droits humains.

L'armée américaine a par ailleurs annoncé mercredi soir avoir frappé, dans les Caraïbes, un bateau suspecté de transporter de la drogue, tuant trois personnes.

Marco Rubio s'est entretenu avec le président équatorien Daniel Noboa, dont la guerre contre le crime organisé n'a pas réussi à faire diminuer la violence.

Avec ses ports sur le Pacifique et sa position géographique entre la Colombie et le Pérou - les plus grands producteurs mondiaux de cocaïne - le pays est devenu en quelques années le point de départ de 70% de la cocaïne mondiale, destinée aux États-Unis et à l'Europe notamment.

Ambitions régionales

La mini-tournée sud-américaine de Marco Rubio s'inscrit dans le sillage d'une vague conservatrice en Amérique latine ayant porté au pouvoir des hommes politiques de droite proches de Donald Trump.

Lors d'une visite en Colombie mardi, M. Rubio a promis au nouveau dirigeant de droite dure Abelardo de la Espriella de resserrer les liens avec Bogota, après quatre années de gouvernement de gauche.

Depuis son entrée en fonction début août, M. de la Espriella a renforcé la coopération militaire avec Washington et intensifié les opérations contre les groupes armés du pays impliqués dans le trafic de drogue.

Washington ne cache pas son intention de contrer l'influence de la Chine, de la Russie et de l'Iran en Amérique latine, une priorité définie dans la stratégie de sécurité nationale.

Après l'Équateur, le chef de la diplomatie est attendu jeudi au Pérou, dirigé depuis juillet par la présidente conservatrice Keiko Fujimori.

Ce pays est le dernier en date à rejoindre le «Bouclier des Amériques», coalition de pays dirigée par Donald Trump pour lutter contre le trafic de drogue et la criminalité organisée dans la région.

AFP

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