Les travaux de construction se sont intensifiés de manière significative depuis un an sur le mont Kolang, dans le centre de l'Iran, soupçonné d'abriter un complexe nucléaire souterrain, selon une analyse du Center for Strategic and International Studies (CSIS)
Dans une note publiée mercredi, le cercle de réflexion estime, sur la base de six années d'images satellitaires, que le site a connu «une nette intensification des travaux de construction en 2026».
Dans leur rapport, les analystes soulignent le passage «d'une phase d'excavation active à de probables travaux de construction internes et la poursuite du renforcement extérieur». Selon eux, les images satellites mettent en évidence l'aménagement de nouvelles routes, la construction d'espaces de stockage, ainsi que le renforcement des zones d'accès.
Situé à proximité du complexe nucléaire de Natanz, à 250 km au sud de Téhéran, le mont Kolang est considéré par les services de renseignement comme un site susceptible d'accueillir de futurs développements du programme nucléaire iranien.
«Cette évaluation ne permet ni d'infirmer ni de confirmer les affirmations des services de renseignement israéliens selon lesquelles l'Iran aurait transféré des centrifugeuses au mont Kolang», nuance toutefois le CSIS. Le centre estime aussi que le site «n'est pas encore en mesure de mener des opérations d'enrichissement, si tant est que ce soit l'objectif recherché».
Fin juillet, Donald Trump avait menacé de bombarder «très bientôt et très durement» ce site, appelé «Pickaxe Mountain» en anglais, «Kolang» signifie «pioche» en persan, jusque-là épargné par les frappes contrairement aux installations de Natanz et au site souterrain de Fordo.
Ce dernier avait été visé en juin 2025 par des bombes antibunker GBU-57 capables de s'enfoncer à plusieurs dizaines de mètres de profondeur avant d'exploser.
Or le mont Kolang «est une installation fortifiée profondément enfouie dans le granite; sa destruction s'avérerait difficile, même avec les munitions américaines les plus puissantes, telles que la bombe GBU-57» estime le think tank, qui plaide en faveur d'une solution diplomatique assortie de mécanismes de surveillance.
La construction d'un complexe nucléaire dans les entrailles granitiques de la montagne a débuté en 2020 après l'incendie, vraisemblablement dû à un sabotage, du hall d'assemblage des centrifugeuses de Natanz.
En octobre 2025, une analyse antérieure par le CSIS d'images satellites des travaux de construction au mont Kolang avait déjà mis en évidence une accélération du rythme des travaux ainsi que l'installation d'un périmètre de sécurité autour du site.
L'Iran dément l'existence de tout complexe nucléaire souterrain secret sous le mont Kolang.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le gendarme nucléaire de l'ONU, a demandé des informations sur le mont Kolang et de pouvoir accéder au site.
AFP
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