Liban: 11 morts dans des frappes israéliennes nocturnes sur un village du sud

Des frappes israéliennes menées dans la nuit de dimanche à lundi ont fait 11 morts, dont deux nourrissons, dans un village du sud du Liban, a rapporté lundi un média d'État, au lendemain de raids ayant fait sept morts malgré le cessez-le-feu.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a, pour sa part, accusé le Hezbollah de violations «répétées» du fragile cessez-le-feu en vigueur au Liban, alors même que le mouvement pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaque depuis le 20 juin.

Depuis qu'elle avait annoncé jeudi avoir pris le contrôle de la crête d'Ali Taher, une position stratégique du Hezbollah à Nabatiyé, l'armée israélienne intensifie ses frappes dans la région.

Neuf personnes ont été tuées dans une frappe qui a détruit un immeuble résidentiel à Kfar Remmane, tandis que deux secouristes ont péri lorsque leur voiture a été visée dans la même localité, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un photographe de l'AFP a vu l'immeuble de trois étages entièrement détruit, des manuels scolaires et des restes de meubles éparpillés parmi les décombres.

Lundi matin, des équipes de secours fouillaient encore les ruines à la recherche d'éventuelles victimes.

Les habitants de ce village jouxtant la grande ville de Nabatiyé étaient revenus chez eux à la faveur de la trêve en juin, après avoir été déplacés par la guerre entre Israël et le Hezbollah.

«Depuis qu'on est revenus, on vit dans l'angoisse», raconte à l'AFP Fouad Chakaron, un habitant du quartier. Il assure que l'immeuble visé était habité par «des gens qui n'avaient aucun lien avec quiconque», en allusion au mouvement chiite.

Après la frappe, les habitants du quartier ont de nouveau fui, tandis que plusieurs immeubles voisins ont été endommagés, a constaté l'AFP.

La frappe n'avait été précédée d'aucun avertissement de l'armée israélienne, contrairement à celle menée dans le village voisin de Deir Zahrani.

Local du Hezbollah

Dans la nuit, l'armée israélienne avait en effet ordonné aux habitants de Deir Zahrani d'évacuer la zone avant une frappe visant, selon elle, une installation du Hezbollah.

Après le «lancement d'un drone explosif» par le mouvement pro-iranien en direction des forces israéliennes, l'armée avait averti en arabe sur Telegram qu'elle allait «cibler» un local du Hezbollah.

«Près de 22 minutes après» cet avertissement, l'aviation israélienne «a détruit» ce bâtiment, selon l'Ani.

Israël avait intensifié ses frappes ces derniers jours. Vendredi, quatre personnes avaient été tuées et dimanche, sept autres avaient péri dans des raids sur plusieurs localités du sud.

L'armée israélienne avait affirmé avoir riposté au lancement par le Hezbollah de deux drones contre ses soldats, sans faire de blessés.

«Le Hezbollah continue d'essayer de reconstituer ses capacités militaires dans le sud du Liban. Ces violations ne seront pas tolérées», a écrit lundi sur X le ministère israélien des Affaires étrangères.

Le mouvement libanais a entraîné le Liban dans le conflit régional en lançant, dès le mois de mars, des attaques contre Israël en soutien à l'Iran, son allié. Les représailles israéliennes ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités.

Si les hostilités ont baissé d'intensité depuis fin juin à la suite d'un protocole d'accord américano-iranien et d'un accord-cadre entre le Liban et Israël, l'armée israélienne continue de mener des frappes sporadiques dans le sud, où elle occupe une bande frontalière d'une dizaine de kilomètres.

Jeudi, Israël avait annoncé avoir pris le contrôle de la crête montagneuse d'Ali Taher, qui surplombe Nabatiyé, affirmant que le Hezbollah avait creusé un réseau souterrain de tunnels sous cette position. Le Hezbollah n'a pas confirmé.

Après les frappes de dimanche, le président libanais Joseph Aoun a exhorté Washington et la communauté internationale à «faire cesser» les attaques israéliennes, dénonçant une «dangereuse escalade».

De nouveaux pourparlers sont attendus ce mois-ci entre responsables libanais et israéliens, bien qu'aucune date n'ait été annoncée.

AFP

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