Ici Beyrouth est allé à la rencontre de Libanais vivant en France afin d’avoir leur sentiment sur la venue prochaine du pape Léon XIV en France.
Du 25 au 28 septembre 2026, le pape Léon XIV effectuera sa première visite d’État en France – «fille aînée de l’Église» selon l’expression consacrée. Il s’agira de la première visite de ce genre pour un souverain pontife en France depuis… 2008 et le voyage du pape Benoît XVI. En effet, bien que son prédécesseur, le pape François, se soit rendu en France à trois reprises (à Strasbourg, Marseille et Ajaccio), il n’y eut jamais de visite d’État durant ses douze années de pontificat.
Le programme du pape s’étalera sur plusieurs jours dans plusieurs villes de France. Il commencera par Paris, puis se rendra à Lourdes – haut lieu de pèlerinage catholique – avant de terminer par Metz, dans le nord-est de la France.
Parmi les temps forts de sa visite à Paris – qui s’étalera sur deux jours – un entretien à l’Élysée avec le président Macron, une visite au siège de l’Unesco, la célébration des vêpres à Notre-Dame de Paris, et une veillée de prière organisée en fin de journée avec les jeunes au Stade de France, puis, samedi 26, une messe solennelle en plein air place de la Concorde. Plus de 400 000 personnes se sont déjà inscrites pour cet événement et le Stade de France, lui, affiche complet pour la veillée avec les jeunes.

Cette visite du pape Léon XIV a lieu presque un an après celle qu’il a effectuée au Liban, du 30 novembre au 2 décembre dernier. D’ailleurs, comment les Libanais de France abordent-ils cette visite ?
«Beaucoup de joie et d’émotion»
Pour Rita, contactée par Ici Beyrouth, c’est un sentiment de «joie et d’espérance dans une France qui s'enfonce économiquement et socialement». Même son de cloche du côté de Georges. «C’est un sentiment de joie et de satisfaction, surtout pour la France, où l’on a parfois connu une rupture entre les jeunes et la religion, et où l’on assiste, depuis quelques années, à l’augmentation du niveau des jeunes baptisés. Donc c’est bien que le pape vienne pour renforcer ce lien avec les jeunes, avec les gens… notamment dans un pays laïc».
Sandra, elle, dit avoir «hâte de pouvoir vivre ce moment riche en émotion». Elle dit avoir été «touchée par les vidéos lors des différentes visites du pape (au Liban, en Espagne…)». Pour elle, «le pape Léon XIV dégage quelque chose de positif et arrive à rassembler autour de lui des jeunes, des adultes et des gens de différentes religions. Ce sera un moment de communion très fort en France et j’espère que sa venue rassemblera tout le monde et apportera de l’espérance».
«Un sentiment de joie et d’amour. C’est un voyage qui s’annonce impressionnant, surtout dans un pays laïc (…) C’est une visite au niveau religieux, culturel et diplomatique qui va prôner la paix et le dialogue surtout pour les non-croyants», estime Elsy, qui a assisté à la venue de Jean-Paul II au Liban en 1997.
«Beaucoup de joie et d’émotion» pour Nayla, qui dit avoir également «beaucoup d’attente de paroles fortes, de vérités et d’actions de l’Église». «En tant que catholique et en tant que Libanaise, j’ai été remuée par sa visite au Liban, et je sais que je vais également l’être avec sa venue en France». Pour elle, «le pape Léon XIV représente la tête d’une Église qui est devenue synodale, et non plus pyramidale comme autrefois. Avec le pape François, et maintenant avec le pape Léon XIV, on a l’impression de beaucoup plus participer à la vie de l’Église».
Voyage depuis Lyon
Rita ne manquera pas cette occasion d’assister à la venue du pape à Paris. À tel point qu’elle va faire le trajet depuis Lyon pour assister à la messe organisée place de la Concorde, le 26 septembre. Elle est également, si l’on peut dire, une habituée des visites de papes, elle qui a participé à quatre Journées mondiales de la jeunesse dans le monde, au Brésil, en Allemagne, en Espagne et en Pologne. «C’est quelque chose d’important à mes yeux», dit-elle.
Sandra, elle, se souvient de la visite du pape Benoît XVI au Liban. Mais, dit-elle, «nous n’avions pas pris part aux différents événements. J’étais encore petite à ce moment-là. Ça sera pour moi la première fois que je participe d’aussi près à un tel événement». Elle indique par ailleurs participer à la veillée des jeunes le 25 septembre au Stade de France et à la messe place de la Concorde le lendemain.
«Lorsque le pape est venu au Liban, j’étais en France. Donc cette fois sera une belle occasion de le voir», explique Georges. Il confie par ailleurs avoir prévu de participer à la veillée des jeunes au stade de France et à la messe place de la Concorde avec des étudiants et des collaborateurs de l’école catholique d’ingénieurs dans laquelle il travaille.
De nombreuses attentes
Nayla, elle, a déjà assisté à non pas une mais deux venues de pape: celle de Jean-Paul II au Liban en 1997 et celle de Benoît XVI à Paris en 2008. Lors de celle-ci, «je m’étais réveillée très tôt le matin. J’avais accompagné des jeunes de l’école Saint-Jean de Passy. Et vers 4h du matin, nous avons longé les quais et nous nous sommes retrouvés au Champ-de-Mars et nous avons assisté à la messe et à l'homélie» du souverain pontife. Elle dit par ailleurs avoir «regretté» de ne pas avoir pu être présente au Liban pour la venue de Léon XIV mais se «fait une joie» d’être présente pour sa venue à Paris.
Avocate dans la vie civile, Nayla indique qu’elle assistera à la messe organisée place de la Concorde avec une amie et un membre de sa famille. Elle précise par ailleurs qu’elle saisira l’occasion, si celle-ci se présente, d’aller voir le pape à l’Institut catholique de Paris, où il doit se rendre le matin du 26 septembre. Elle confie avoir suivi «dans ses heures perdues» des cours de théologie à l’Institut catholique de Paris et avoir obtenu son baccalauréat canonique cette année. «Tout ça, ce sont des sentiments assez forts pour la catholique que je suis».
Elsy, elle, a prévu d’assister à la messe du samedi 26, mais aussi de prendre sa journée du vendredi 25 pour suivre l’arrivée du pape en France et assister à son arrivée à Saint-Denis en marge de la veillée organisée au Stade de France.
«J’attends de la part de cette Église et de ce pape qu'on aille vers plus de synodalité et qu’on donne plus de pouvoirs aux laïcs – des gens de la société qui peuvent œuvrer pour l’Église», explique Nayla. «Il y a une attente, une espérance et une foi profonde que la parole qui est portée par le pape fera beaucoup de bien à l’Église de France et à l’Église universelle. La particularité d’un pape, c’est de parler à l’Église dans le pays dans lequel il se présente, mais aussi d’avoir une parole forte pour le monde», conclut-elle.




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