OpenAI lance GPT-6, son modèle le plus puissant, corseté pour limiter les risques
Sam Altman, PDG d'OpenAI, participe à une séance de discussion avec Masayoshi Son, président-directeur général du groupe SoftBank, à Tokyo, le 3 février 2025. ©Yuichi YAMAZAKI / AFP

OpenAI a commencé à déployer jeudi GPT-6 Astra, présenté comme son modèle d'intelligence artificielle (IA) le plus puissant, capable selon l'entreprise de San Francisco de se servir seul d'un ordinateur et diffusé avec un dispositif pouvant l'arrêter s'il sort de son cadre.

Ce saut de génération, un an après GPT-5, apparaît après une série de cyberattaques menées cet été par des IA en phase de test, dont des outils d'OpenAI et de son rival Anthropic, qui ont illustré les risques posés par les modèles de pointe.

GPT-6 est réservé dans un premier temps à «un nombre limité d'organisations», avant d'être ouvert «dans les prochains jours» aux abonnés payants de ChatGPT et aux développeurs.

Dans une vidéo de démonstration, l'entreprise montre son modèle, commandé à la voix, publier une annonce de vente en ligne tout seul. Le modèle peut trouver un logement en dix minutes, contre six heures pour un testeur humain, selon les résultats d'essais affichés par OpenAI.

GPT-6 est le premier modèle d'OpenAI à atteindre le niveau de risque le plus élevé de sa propre grille d'évaluation en cybersécurité, capable de pirater seul des systèmes informatiques solidement protégés.

Ses fonctions les plus sensibles sont réservées à des spécialistes de la cyberdéfense et une surveillance automatique peut interrompre les tâches des utilisateurs, «y compris pour un travail sans rapport avec la cybersécurité».

De son côté, Anthropic réserve depuis avril à des partenaires triés sur le volet son modèle Mythos, capable lui aussi de mener des piratages seuls, dont une version bridée, Fable, est ouverte au public depuis juin.

OpenAI fait valoir que GPT-6 accomplit chaque tâche pour moins cher que son prédécesseur, mais toujours à des prix parmi les plus élevés du marché, comme Anthropic.

Interrogé sur la concurrence des modèles ouverts à bas prix, notamment chinois, qui pourrait menacer le modèle économique des champions américains, le président d'OpenAI, Greg Brockman, s'est montré confiant devant des journalistes: «ce qui compte, c'est le prix par tâche» réalisé, et non pas le prix du crédit d'utilisation de la puissance de calcul (token).

Greg Brockman a estimé, à titre personnel, qu'il n'était «pas déraisonnable» de considérer que la technologie entrait dans l'ère de l'AGI, sigle anglais de l'intelligence artificielle générale, ce graal de la Silicon Valley désignant le stade où l'IA serait comparable aux performances de l'intelligence humaine.

AFP

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